Alda GREOLI déplore les annonces unilatérales du fédéral d’instaurer un nouveau filtre de médecins alors que la pénurie de médecins augmente

Posté le 21 Novembre 2018 dans Les Communiqués , Fédé Wallonie-Bruxelles , Santé/Recherche


La Vice-présidente des Gouvernements francophone et wallon Alda GREOLI, en charge notamment de la Santé en Wallonie et de l’Enfance en Communauté française, déplore vivement le souhait de la Ministre fédérale de la Santé publique d’instaurer une « attestation de contingentement » à la sortie des études de médecine alors que le nombre de communes en pénurie de médecins généralistes augmente continuellement en Wallonie.


« Etre ministre de la santé, c’est se préoccuper en premier lieu de l’état de santé de la population et de l’accès à des soins de santé de qualité sur l’ensemble du territoire » rappelle la Ministre de la santé wallonne. C’est pourquoi la Wallonie  poursuit sa politique de soutien à l’installation de médecins généralistes, en particulier en zones rurales. D’après le dernier cadastre en date, on sait qu’environ une trentaine de généralistes de moins de 30 ans s’installent chaque année en Wallonie et que 144 communes wallonnes sont en pénurie de médecins généralistes selon les derniers chiffres de l’AVIQ (janvier 2018) ; soit une augmentation constante (119 lors du dernier cadastre 2016). Cela ne suffira pas à combler les départs à la retraite. Un ensemble de mesures ont déjà été prises au niveau wallon avec les primes à l’installation dans des zones de pénurie (Impulseo) ou le soutien aux travaux de rénovation de cabinets médicaux via le fonds européen FEADER.

Par ailleurs, la Ministre déplore le signal envoyé aux actuels étudiants en médecine et à tous ceux et celles qui aspirent à embrasser ces études et cette carrière. Ces études sont déjà difficiles et suffisamment source de stress et de concurrence entre les étudiants que pour encore une fois ajouter à ce climat une annonce qui ne repose sur aucune vision sérieuse des politiques de santé et évidemment sans coordination avec les autres niveaux de pouvoir responsables.

Plus largement, une fois de plus, la Ministre fédérale de la Santé s’avance sur des sujets aussi sensibles sans consultation aucune de ses collègues, du corps médical, des universités ou encore des organisations représentatives des étudiants.

La Communauté française a pris ses responsabilités en instaurant, à la demande du Fédéral, un examen d’entrée inspiré du modèle flamand dont il est tout à fait prématuré de juger à ce stade des effets à long terme. Il est donc indispensable de laisser le temps à celui-ci de pleinement s’installer pour juger d’éventuelles corrections à apporter à ce filtre organisé avant le début des études.

Pour conclure, la Ministre Alda GREOLI appelle la Ministre fédérale à concerter davantage ce type d’annonce aussi lourde de conséquences pour la santé publique et demandera l’inscription de ce point au prochain Comité de concertation.