Construire une Europe à dimension humaine

Posté le 8 Avril 2014 dans Les Communiqués , National , Europe , Elections


Ce mardi 8 avril, Benoît LUTGEN, Président du cdH, Jean-Claude JUNCKER, candidat PPE à la Présidence de la Commission européenne, et Claude ROLIN, tête de liste cdH à l’Europe, ont présenté leur vision de l’Europe de demain : une Europe à dimension humaine. A cette occasion, Benoît LUTGEN et Claude ROLIN ont présenté les priorités du cdH en matière d’emploi au niveau européen.


Pour le cdH, une transformation profonde de nos manières de produire et de consommer ne peut venir que du niveau européen. Il faut approfondir d’urgence notre projet européen et entraîner un noyau de pays, pour que l’humain soit placé au cœur du développement économique, social et politique de l’Union. Pour les travailleurs, pour les entreprises, pour le développement de nos régions et des citoyens, nous avons besoin de plus et mieux d'Europe. 

Pour le cdH, les objectifs de croissance et d'emploi ne peuvent s'envisager que dans le cadre d'une « Stratégie globale du développement humain », seule garante de la dynamique nouvelle à créer entre la croissance de l’activité, la création d’emplois, la protection sociale et la préservation de la nature.

Voici les 5 priorités des Humanistes pour l’Europe :

Priorité 1 : Doper la création d’emplois

Pour le cdH, il est essentiel de tout mettre en œuvre pour développer un modèle qui nous permette d’avoir une croissance riche en emplois de qualité ! Nous demandons que l’Europe se dote d’un plan d’investissements majeurs notamment en :

- diminuant les charges d’intérêt des Etats membres grâce à une plus grande solidarité des dettes nationales ;

- libérant des capacités financières nouvelles pour construire l’avenir en prévoyant des règles budgétaires distinctes pour les investissements par rapport aux autres dépenses. Cela permettra, entre autres, de cibler des investissements majeurs au niveau des réseaux d’énergie, de transport et de télécommunication.

L’Europe doit également se doter d’une réelle politique de convergence fiscale afin de diminuer l’évasion fiscale et éviter la concurrence nuisible à tous. Les recettes complémentaires collectées auprès des fraudeurs permettront ainsi de réduire les contributions sur le travail dans tous les Etats membres et ainsi de doper la création d’emplois.

Priorité 2 : Soutenir la formation des travailleurs européens

Investir dans la formation est essentiel pour assurer l’excellence des activités européennes dans une économie mondialisée. Pour cela, l’Europe doit soutenir :

- l’adoption d’un droit individuel à la formation pour tous les travailleurs, comme levier pour améliorer la formation de tous et en particulier des travailleurs sous-qualifiés ;

- la « Garantie Jeunes » qui permet aux jeunes de se voir proposer un emploi, une formation ou un stage endéans les 4 mois de leur arrivée sur le marché de l’emploi ;

- la création d’un Erasmus des apprentis pour les métiers techniques et les apprentis. L’actuel programme pour l’éducation et la formation tout au long de la vie, en particulier le sous-programme d’EFP Leonardo Da Vinci, a déjà permis à 500.000 apprenants de l’EFP et à 225.000 étudiants de l’enseignement supérieur de profiter d’une formation par le travail dans un autre État membre, leur donnant la possibilité de développer les compétences transversales correspondant à celle recherchées par les employeurs. Afin d’assurer plus de visibilité et des moyens supplémentaires pour la mobilité pour le secteur de l’EFP, nous proposons la création d’un Erasmus des apprentis, qui leur permettrait de bénéficier d’une expérience professionnelle auprès d’entreprises situées dans plusieurs Etats membres différents.

Priorité 3 : Mettre en œuvre un réel droit du travail européen

L’Europe doit construire un réel droit du travail qui protège tous les travailleurs, notamment en :

- encadrant davantage les possibilités de détachement des travailleurs (limitation dans le temps, …) ;

- prévoyant un régime de responsabilités solidaires des donneurs d’ordre par rapport à leurs sous-traitants au niveau de l’Union européenne et y compris vis-à-vis de pays tiers ;

- renforçant la lutte contre la fraude par la création d’un EUROPOL de lutte contre toutes les formes de fraudes (fiscales et sociales) ;

- instaurant un salaire minimum dans chaque Etat membre. Il ne s’agit pas ici d’uniformiser, mais bien de fixer un socle minimal commun qui puisse permettre aux travailleurs de défendre leurs droits dans des entreprises transnationales. Cela permettra d’éviter que les entreprises choisissent un pays plutôt qu’un autre pour appliquer des règles sociales moins contraignantes.

Priorité 4 : Créer les conditions d’une concurrence saine pour entreprendre

Pour le cdH, il est inacceptable que le marché européen soit envahi de produits qui ne respectent ni les travailleurs, ni les droits de l'homme, ni la nature. L’Union européenne doit tout mettre en œuvre pour assurer des conditions de concurrence équitables. L'Europe doit être leader des droits humains. Les droits de douane devront par exemple évoluer. Par conséquent, le cdH demande la mise en place de mécanismes d’ajustement douaniers aux frontières de l’Europe. Concrètement, nous proposons des écluses douanières sur les produits ne respectant pas les normes humaines, sociales, environnementales et sanitaires européennes. De la sorte, le gain financier qui découle de normes plus basses de ses conditions de production (sécurité des travailleurs, pollution de l’eau ou de l’air, …) sera compensé par des droits de douane plus élevés pour rentrer sur le marché européen.

Priorité 5 : Soutenir toutes les formes d’entreprises

Pour le cdH, le développement d’activités dans le secteur de l’économie sociale et associatif mérite d’être pleinement reconnu à l’échelle européenne. Il nécessite pour cela que les règles de libre concurrence au niveau européen soient adaptées afin d’assurer une pleine sécurité juridique pour ces activités et aussi pour les subventions publiques qui viennent encourager leurs projets. Il s’agit d’inscrire les politiques d’insertion dans des activités profitables à l’emploi et au développement humain !