COP21 : CARLO DI ANTONIO LANCE UN NOUVEL APPEL À PROJET DANS LE CADRE DU « FINANCEMENT NORD-SUD » ET ANNONCE UNE ENVELOPPE D’UN MILLION D’EUROS

Posté le 9 Décembre 2015 dans Les Communiqués , Région Wallonne


En marge de la conférence sur les changements climatiques de Paris, le Ministre wallon de l’Environnement Carlo DI ANTONIO a rencontré les membres de la Francophonie lors d’une réunion de travail. 


«Ces rencontres des pays francophones sont l’occasion de tisser de nouvelles collaborations mais également de soutenir la participation des pays les moins avancés dans les négociations internationales sur les changements climatiques » explique Carlo DI ANTONIO.

Carlo DI ANTONIO a témoigné à la Secrétaire Générale de la Francophonie Michaëlle JEAN l’engagement de la Wallonie pour soutenir les actions de lutte contre les changements climatiques et d’adaptation à ses effets néfastes dans les pays en voie de développement et plus particulièrement les plus vulnérables.

Il a ainsi annoncé le lancement en 2016 d’un nouvel appel à projet Nord-Sud notamment à l’attention des pays partenaires que sont le Bénin, le Burkina Faso, le Burundi, la République Démocratique du Congo, le Rwanda, le Sénégal et la République d’Haïti.

Les projets seront axés sur le développement durable et l'amélioration de la qualité de l'air.

L’enveloppe consacrée d’un million EUR vient s'ajouter au 8 millions EUR de financements climatiques nouveaux et additionnels déjà promis par la Wallonie pour 2016.

Actuellement, la Wallonie soutient 23 projets au Bénin, au Burkina Faso, au Burundi, en République Démocratique du Congo, au Rwanda, au Sénégal, en République d’Haïti et en Equateur.

Carlo DI ANTONIO soutient activement ce type de dispositif: « Plutôt que de verser des fonds à un fonds international, la Wallonie a décidé de travailler en direct avec des organisations publiques ou privées des pays partenaires. Elles ont pu ainsi présenter des projets d’adaptation ou d’atténuation qui comptent pour la population locale et aux résultats concrets sur le terrain».

La sélection des projets s’est opérée selon divers critères dont les plus importants sont de répondre aux besoins de la population locale, de s’adapter aux changements climatiques ou de lui permettre de réduire ses émissions de gaz à effet de serre, un bon ancrage local, le renforcement des capacités et la création d’emplois en relation avec la protection de l’environnement, la valorisation des compétences wallonnes.

L’Agence wallonne de l’Air et du Climat gère les projets à distance avec la collaboration sur le terrain des délégués et représentants de WBI ou via l’APEFE présents dans le pays.

Détails des projets :

Au Sénégal, le projet CBED en Casamance vise à mettre en place une filière de fabrication de charbon de bois durable, grâce à une méthode de carbonisation performante : le four ADAM et une sylviculture adaptée. Des plantations forestières sont réalisées par des agriculteurs sous la supervision des services des eaux et forêts de la région et de l’Université de Ziguinchor. Les Eucalyptus sont plantés en agroforesterie. Onze familles d’agriculteurs sont équipées du matériel nécessaire pour les plantations et prochainement d’un four pour la production du charbon de bois. Elles bénéficient d’un encadrement technique par Bois Energie du Sénégal.

Dans le même domaine des alternatives à la production classique et peu efficiente du charbon de bois que les ménages utilisent pour cuisiner dans les villes africaines, le projet DEFICHARPA vise le développement d’une filière de « charbon » produit à base de paille coupée dans les forêts, carbonisée puis comprimée en briquette en mélange avec de l’argile.

Toujours au Sénégal, le projet Precema vise la restauration et la conservation de l’écosystème mangrove dans la réserve de biosphère du delta du Saloum. La mangrove est préservée de la coupe sauvage de bois par la conscientisation de son importance dans les communautés et par la proposition de revenus alternatifs. Des surfaces inondées sont replantées, ainsi que des arbres sur la terre ferme pour la production de « bois de village ».

Au Bénin, où les systèmes de cuisson traditionnels sont peu performants en matière énergétique, 22.000 foyers ont bénéficié du soutien de la Wallonie dans le cadre du projet Profaeb de promotion des foyers améliorés érythréens. Ces foyers permettent de réduire l’utilisation de bois-énergie, les gaz à effet de serre et d’améliorer la qualité de vie de la population.

Au Burkina Faso, le projet de Ferme consiste en la mise en place d’une ferme école, pour diffuser les principes de l’agroécologie, plus résiliente aux changements climatique.

Une collaboration SWDE-SPGE-ONEA au Burkina Faso permettra également de renforcer les capacités de l’Office national de l’eau et de l’assainissement du Burkina Faso à réduire sa production d’eau ainsi que ses consommations d’énergie et de produits chimiques.  La collaboration avec la Société Wallonne des Eaux et la Société Publique de Gestion de l'Eau portera notamment sur la conception de stations d’épuration d’eaux usées ainsi que la gestion durable des boues. Il s’agit également de contribuer à la résolution de problèmes de pauvreté et de désertification des populations locales au Burkina Faso.

Au Bénin et au Burkina Faso, deux projets ont permis de former plus de 5.000 femmes à l’utilisation et à la fabrication de leur propre foyer amélioré en terre, afin de consommer moins de bois pour préparer les repas et ainsi lutter contre le déboisement qui menace ces pays.

Au Rwanda, Picohydro est un projet de participation au développement du secteur de la pico-hydro-électricité pour les petites localités qui ne seront pas reliées au réseau national avant une dizaine d’années au moins.

Une quinzaine d’entrepreneurs rwandais reçoivent une formation pratique pour identifier des sites pico-hydro électriques et déterminer précisément leur potentiel technique. Ils pourront ainsi fournir de l’électricité dans des hameaux non reliés au réseau national.

Un autre projet concerne l’agroforesterie, le reboisement et le creusement de fossés antiérosifs dans des terrains en pente du District de Ngoma, au Pays des Mille Collines où les pluies torrentielles renforcées par le changement climatique érodent et ravinent les sols.

Haïti est un des pays les plus pauvres de la planète. Deux projets ont bénéficié de subventions wallonnes. Un projet de gestion autonome de l’alimentation en eau potable et de renforcement des capacités pour les populations rurales vulnérables du département de l’Artibonite a permis de fournir de l’eau potable toute l’année et en toutes circonstances à environ 15.000 personnes réparties en 5 villages du département. Grâce à la production en excès de désinfectant et à sa distribution, ce projet permettra également de traiter l’eau de plus de 50.000 personnes en cas de crise majeure. 

En république Démocratique du Congo, le projet ECOBULENGA est un projet pilote d'adaptation de l'agriculture familiale au changement climatique par la promotion de l'agroécologie dans la presqu'île de Buzi-Bulenga.

Le projet Nzinga Nzinga vise également à soutenir et adapter l’agriculture familiale dans la région de Kimbanseke ainsi que la gestion de l’eau par la population pour faire face aux changements climatiques.

Le projet Campus vert vise quant à lui à améliorer la sécurité alimentaire et les revenus des populations et à contribuer à limiter la déforestation issue de la production de charbon de bois dans le pays.

En Equateur, le projet SARAYAKU a pour objectif d’adapter l’agriculture familiale et la gestion forestière aux changements climatiques, de lutter contre la désertification et de reboiser certaines zones. Le projet FINCAR vise également à promouvoir la production locale dans la province de Manabí pour améliorer la qualité de vie des familles paysannes.