Danemark : privés de leurs avoirs du seul fait d’être migrants

Posté le 26 Janvier 2016 dans Les Communiqués , Europe


Les autorités danoises entérinent ce jour leur réforme relative au droit des étrangers. Ces mesures visent à dissuader les demandeurs d’asile. Non seulement elles contreviennent aux conventions internationales, mais elles sont la négation même de la notion d’humanité et de solidarité européenne.


Claude Rolin dénonce fermement les décisions approuvées par le gouvernement et adoptées très majoritairement par le parlement danois à l’encontre des demandeurs d’asile. Parmi celles-ci, la proposition de loi permettant la saisie des effets personnels des demandeurs d’asile heurte la sensibilité et bafouent les valeurs fondamentales de l’Union européenne. Cette mesure soumet les demandeurs d’asile à une double peine : après avoir été contraints de fuir leur pays, ils pourraient être dépossédés, sur décision d’un État, des quelques biens qu’il leur reste.

Souvent présenté comme un exemple social voire un havre de bien-être, le Danemark signe un dangereux précédent, marquant, comme d’autres États-membres avant lui, la désunion européenne en matière d’asile. Les députés, membres de la commission des libertés civiles du Parlement européen, ont assisté ce lundi à une intervention peu rassurante de la ministre danoise de l’Immigration et de l’Intégration, dans laquelle la notion d’État-providence se trouvait galvaudée. En tentant d’éloigner les personnes les plus vulnérables de leur sol, Copenhague refuse non seulement de leur tendre la main, mais voudrait priver ceux-ci de s’aider par leurs propres moyens. Par cette action unilatérale, les autorités danoises tournent le dos à une solution européenne intégrée et concertée en matière de gestion de l’asile.

Claude Rolin en appelle à la Commission européenne, à la Présidence néerlandaise du Conseil de l’Union européenne, et aux autres autorités internationales compétentes pour évaluer les projets danois, à la lumière de la législation européenne (dont le Règlement de Dublin ; le Danemark n’étant pas lié à la législation européenne en matière d’asile) et des conventions internationales auxquels a souscrit le Danemark, afin de prendre les mesures qui s’imposent, au regard des valeurs fondamentales. Celles-là mêmes qui forment le socle du projet européen.