Diminution de moitié du nombre de médecins généralistes d’ici 20 ans : une situation surréaliste. Une autre approche est indispensable !

Posté le 4 Septembre 2017 dans Les Communiqués , National


Moitié moins de médecins généralistes francophones d’ici 20 ans : c’est la projection alarmante qui ressort d’une étude de la commission de planification parue dans les colonnes du Soir de ce lundi. Catherine FONCK, députée fédérale et cheffe de groupe cdH à la Chambre, dénonce une nouvelle fois cette situation et les décisions du gouvernement fédéral qui organisent cette pénurie en Wallonie et à Bruxelles.


En effet, il y a quelques mois, alors que la Commission de planification de l’offre médicale avait démontré la nécessité de 607 numéros INAMI annuels pour les médecins francophones diplômés de 2023 à 2026, le gouvernement a mis en place un lissage négatif qui aboutit à seulement 505 numéros INAMI francophones pour les années 2024, 2025 et 2026 (qui sont les années de sortie des étudiants qui commenceront leurs études en 2018, 2019 et 2020), soit 102 médecins en moins chaque année !

Manifestement, les chiffres de la Commission de planification ne plaisaient pas au nord du pays puisque non seulement le gouvernement fédéral a diminué le quota francophone, mais en sus il a décidé d’enlever cette mission à la commission de planification pour le futur. 

Pour la députée humaniste, cette décision est d’autant plus surréaliste qu’on sait depuis plusieurs années, déjà avec l’étude du Professeur Deliège de l’UCL, que le nombre de médecins plus âgés, et donc plus proches de la pension, est plus élevé du côté francophone du pays. Déjà aujourd’hui des pénuries en médecine générale, notamment dans les zones rurales ou semi-rurales ainsi que dans certaines spécialités, se font ressentir.

Cette position du gouvernement fédéral est encore plus surréaliste quand on voit le nombre de recrutements de médecins étrangers européens, dont certains ne parlent parfois pas une de nos langues nationales ou ont un niveau de qualité d’études inférieure à celle de nos universités.

Pour mettre fin à ces situations ubuesques, Catherine Fonck propose de :

  • déterminer le nombre de numéros Inami en fonction des besoins sur base des calculs de la Commission de planification, et pas sur une position idéologico-communautaire comme le gouvernement fédéral l’a fait en 2017 ;
  • renforcer l’attractivité et faciliter l’exercice de la profession  1/ pour inciter les jeunes médecins à s’installer dans des régions déjà actuellement touchées par des pénuries 2/ pour réformer l’organisation des gardes comme demandé par les acteurs de terrain, les gardes étant une véritable difficulté pour les médecins généralistes dans certaines régions et donc un frein pour s’y installer 3/ mettre en place des systèmes de remplacement des médecins généralistes lors de leurs vacances ou lors de grossesses, par exemple par un pool de médecins généralistes remplaçants et 4/ permettre des tandems médecin généraliste-infirmier pour soutenir le médecin généraliste dans le suivi des maladies chroniques et la prise en charge de l’aspect social des patients.
  • imposer aux médecins étrangers européens des exigences de connaissance d’une de nos langues nationales, primordiale pour la relation patient-médecin, ainsi que des exigences de la qualité de leur formation. Ces exigences sont conformes au droit européen, et peuvent être réalisées par un examen comme d’autres pays européens l’ont d’ailleurs déjà fait.

Les besoins en soins de santé dans notre pays sont incorrectement couverts aujourd’hui, et risquent fortement d’être encore plus insuffisants dans l’avenir, mettant à mal une prise en charge de qualité des patients. Il est plus qu’urgent de mettre au placard les positionnements communautaires dans l’intérêt des patients et de la qualité de nos soins de santé, et de travailler avec les acteurs de terrain et les entités fédérées pour concrétiser des solutions fortes et durables.