Donnons un avenir à nos centres-villes !

Posté le 1 Mars 2016 dans Les Communiqués , Cepess


Ce lundi 29 février, le CEPESS (centre d’études du cdH) organisait à Gembloux un colloque sur la situation du commerce dans les centres-villes. Plusieurs acteurs-clé et experts de renom  (patrons des fédérations professionnelles, Président de l’Association de Management de Centre-Ville, consultants internationaux, universitaires, représentants politiques) ont contribué aux réflexions dans une perspective participative. 


Le commerce de proximité est aujourd’hui confronté à des difficultés croissantes : multiplication des centres commerciaux en périphérie, développement de l’e-commerce, manque d’attractivité des noyaux commerciaux, etc.

Le phénomène de désertification des centres-villes va croissant et se traduit dans les chiffres : en 2 ans, le nombre de cellules vides est passé de 10 à 23% en Wallonie et à Bruxelles !

Ce commerce de proximité est un important pourvoyeur d’emplois, notamment pour les jeunes moyennement qualifiés. Mais l’enjeu du commerce urbain n’est pas qu’économique. C’est aussi et surtout un élément majeur de lien social, de convivialité et de vitalité de nos villes, de sécurité des habitants, d’autonomie des personnes âgées ou dépendantes, de mobilité et d’aménagement du territoire, etc.

Pour enrayer ce déclin et répondre aux enjeux, le cdH propose 5 mesures :

  • Baisser la fiscalité sur les commerces dans les centres-villes. Le revenu cadastral survalorise souvent les surfaces localisées dans les centres urbains par rapport aux zones périphériques. Nous voulons corriger ce biais par une diminution du précompte immobilier sur les commerces situés dans des zones en difficulté (« zones franches »). Plus largement, il faut mettre un stop à la multiplication des taxes communales qui pèsent sur les commerces.
     
  • Renforcer les leviers des communes pour réguler l’offre commerciale dans le centre-ville.

Pour atteindre cet objectif, nous avançons 3 mesures :

- Créer un mécanisme d’agence immobilière pour favoriser la mise en location des cellules commerciales (sur un modèle similaire à celui des AIS). Nous proposons de créer des ALIRC (Agences Locales Immobilières Résidentielles et Commerciales) ayant pour mission d’acquérir ou de prendre en gestion des logements et commerces à vendre, à louer ou laissés à l’abandon. Les ALIRC peuvent ainsi investir dans des logements (aux étages des commerces) et dans des surfaces commerciales (rez-de-chaussée), soit comme propriétaires-bailleurs, soit comme tiers-investisseurs. L’agence peut dès lors favoriser l’orientation de l’offre commerciale mais aussi l’occupation des appartements au-dessus des commerces ;

Créer un droit de préemption pour les autorités communales sur les cellules vides, pour alimenter les leviers d’une régie foncière communale orientée vers la revitalisation des centres-villes. Ce droit permet aux ALIRC ou communes de bénéficier d’un droit de priorité dans l’acquisition d’immeubles en vente.

Mettre en place une contribution, progressive avec le temps, sur les cellules et logements inoccupés ainsi que des incitants à la rénovation commerciale.

  • Favoriser l’accessibilité des commerces en centre-ville : télé-jalonnement pour orienter les automobilistes via leur smartphone vers les rues où des emplacements sont disponibles, mobilisation des parkings sous-utilisés le weekend (bureaux, administrations…), 1h à 2h de parking gratuit en cas d’achat dans un commerce du centre-ville, renforcement des transports publics le samedi...
  • Renforcer l’identité des centres villes et leur animation grâce au développement de groupements d’animation commerciale (GAC) : il s’agit de créer une ASBL réunissant le maximum de commerçants de la ville ou d’un quartier (pour les grandes-villes). Financée et autogérée par les commerçants, cette asbl a pour mission principale d’animer et promouvoir l’offre commerciale de la ville, comme le font les grands centres commerciaux qui disposent d’une puissante structure d’animation commerciale (organisation d’événements au sein du complexe commercial, promotion et publicité des commerces, financement de services d’accueil et de sécurité, etc.). Cette animation est également une belle opportunité pour valoriser le patrimoine du centre et créer une alliance entre le commerce et le tourisme.
  • Faire de l’e-commerce une opportunité pour les commerçants : les commerces doivent évoluer dans leur métier et produits/services offerts pour répondre au développement de gros opérateurs de vente en ligne. ATRIUM à Bruxelles et l’ASE en Wallonie doivent assurer une mission de veille technologique et de développement de services d’accompagnement et de formation de jeunes entrepreneurs ou commerçants afin de leur permettre de mieux saisir les opportunités offertes par le commerce électronique.

Les commerçants ont un immense besoin d’une approche coordonnée et volontariste pour favoriser l’attractivité des centres-villes. Cet enjeu ne concerne pas uniquement les commerçants mais également l’ensemble des habitants, pour qui la vitalité des centres villes représente un enjeu de convivialité et de lien social et humain.