Journée des droits des femmes le 8 mars : 8 chiffres noirs et 8 engagements des Femmes cdH

Posté le 6 Mars 2015 dans Les Communiqués , National , Femmes cdH


La nouvelle Présidente des Femmes cdH, Dorothée Klein, entend, avec toute l’équipe nationale (1), prendre 8 engagements fermes en ce 8 mars, Journée des droits des femmes.


Ces engagements s’inscrivent dans le champ des priorités dégagées lors du Congrès d’élection de la Présidence nationale des femmes humanistes qui s’est tenu le 28 février dernier, à Namur.

Pour les femmes cdH, il y a deux véritables urgences et un problème de fond en matière d’égalité. Les deux véritables drames, ce sont les violences faites aux femmes et la précarité des femmes. Le problème de fond, c’est la persistance de stéréotypes sexistes et de préjugés qui maintiennent et accroissent les  discriminations et les inégalités.

Les femmes cdH ont épinglé 8 chiffres noirs :

1. La Police dénombre annuellement 40 000 faits de violence conjugale. La violence conjugale a coûté la vie à 162 personnes en 2013,  selon l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes.

Proportionnellement, c’est plus qu’en France et qu’en Espagne, affirme l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes. Les Femmes cdH demandent la réalisation d’une étude qui permette d’évaluer le dramatique coût de la violence pour les femmes et la société toute entière, en matière de soins de santé, de prise en charge des victimes en maisons d’hébergement et dans les services ambulatoires, d’arrêts de travail, etc.

2. Chaque jour, 8 femmes sont violées  en Belgique.

Les Femmes cdH demandent à modifier la nature de certains délits sexuels en crimes, afin de d'augmenter le taux de la peine, d'harmoniser et de  maintenir le délai de prescription.

3. En outre, dans 9 cas sur 10, la victime de violences sexuelles ne porte pas plainte.

Il faut continuer à briser la loi du silence, encourager les femmes à porter plainte.

Les Femmes cdH demandent une extension des plages horaires de la Ligne Ecoute Violences conjugales 0800 30 030 afin qu’elle fonctionne 24 h/24 h, mais aussi de son champ de compétence, pour prendre aussi en charge les victimes des violences sexuelles.

4. 1975 filles et femmes nées en Belgique (dont 1463 de moins de 10 ans) sont à risque d’être excisées.

Les Femmes cdH demandent  l’incrimination de l’incitation à la mutilation génitale. La circoncision des femmes est punissable depuis 2001. A l’avenir, il faut opter pour l’incrimination de l’incitation à la mutilation génitale. En effet, des personnalités influentes au sein des communautés concernées peuvent impunément mettre sous pression des parents afin de faire de mutiler leurs filles.

5. Lors des conflits armés, 90 % de ce que l’on dénomme « les pertes civiles » sont des femmes et des enfants.

Ajoutées au meurtre, au rapt, au viol des femmes – le cas échéant comme arme de guerre-, à l’esclavage domestique, à l’esclavage sexuel, à la reproduction forcée ou la stérilisation forcée, aux mutilations génitales, aux  pratiques sexo-sélectives, l’ensemble des violences physiques, sexuelles et psychiques subies par les femmes du fait de leur sexe et de leur statut social constituent un ensemble de crimes dont il est temps de reconnaître le véritable caractère de féminicide.

Les Femmes cdH demandent une reconnaissance du féminicide dans la législation.

6. Plus d’1 femme sur 2 à la tête d’une famille monoparentale se situe en dessous du seuil de pauvreté

Les familles ont évolué plus vite que le droit. Nos législations et réglementations en matière de droit social, de fiscalité, d’accès au logement… sont, dans certains cas, obsolètes et ne protègent pas les « nouvelles familles » de la précarité ni des discriminations.

Les femmes cdH réclament une adaptation des dispositions réglementaires et législatives à la réalité des familles monoparentales, après avoir examiné en quoi l’arsenal juridique actuel concourt à les pénaliser et les précariser. 

7. Les travailleuses gagnent, par an, tous secteurs confondus et indépendamment de la durée du travail, 21 % de moins que les hommes.

Les femmes cdH demandent un plan pluriannuel de réduction de l’écart salarial.

8. 20 % des pères n’ont pas pris leur congé de paternité  et les femmes consacrent, par an, un mois et demi de plus qu’un homme (à raison de 8 heures par jour) aux tâches ménagères.

Pour lutter contre les stéréotypes sexistes qui ont la vie dure et les fonctions subordonnées assignées aux femmes, les femmes cdH demandent qu’une attention particulière soit portée à cette thématique, notamment, par une révision des manuels scolaires dans le but de les exempter de tout stéréotype. Elles demandent aussi de développer un master et des études de genre qui permettent de former les futurs enseignants et éducateurs afin de les sensibiliser à la détection de stéréotypes sexistes et d’attitudes dévalorisantes.

(1) L’équipe de la Présidence nationale des femmes est constituée d’Inès de Biolley, Sandrine Cnapelinckx, Loubna Azghoud, Monique Misenga, Donatienne Portugaels, Isabelle Wasterlain, Marie-Louise Hennekens, Corinne Pellaers, Carine Clotuche, Annick Burnotte, Marie-Eve Hannard et Camille Maitrejean.