La Commission donne la clé des champs au glyphosate

Posté le 2 Juin 2016 dans Les Communiqués , Europe


La Commission européenne propose aux États membres de renouveler l'autorisation d’utiliser l’herbicide glyphosate au sein de l’Union européenne pour une période allant de 12 et 18 mois, en attendant de connaitre l'avis de l'Agence européenne des produits chimiques en charge de la classification des substances (Echa). Une décision aux allures d'acte manqué.


Cette décision aurait été acceptable si ce délai avait été mis à profit pour programmer l’interdiction du glyphosate et dans le but de proposer des produits alternatifs économiquement et écologiquement responsables. Or la Commission choisit d’aller dans le sens inverse. Claude Rolin déplore vivement ce manque de courage à l’échelon européen.

Pour rappel, la commission du Parlement européen chargée de l’Environnement et de la Santé publique (ENVI) s’était saisie de la question et une partie de la communauté scientifique a mis en lumière des risques probables du glyphosate pour la santé. Un produit classifié en 2015 par l’OMS comme cancérogène « probable » pour l’homme, et dont l’usage par les professionnels et les particuliers est très répandu.

Claude Rolin souhaite que les États européens, de même que la Commission, appliquent le principe de précaution. À titre d’exemple, en se prêtant récemment à des tests effectués au Parlement européen à l’initiative du député Bart Staes, Claude Rolin a constaté un taux de glyphosate de 0,9 microgrammes/litre de glyphosate dans son organisme, soit 9 fois plus que la norme régissant l’eau potable (0,1 microgramme/litre). En regard des résultats obtenus par l’ensemble des députés qui se sont prêtés à l’expérience, il est fort à penser qu’il en soit de même pour la plupart des citoyens.

Compte tenu des risques probables induits par le glyphosate, Claude Rolin plaide pour une reformulation de la proposition de la Commission, en tenant compte de la dangerosité potentielle de cette substance, et tout en permettant une transition soutenable pour les exploitants agricoles par l’usage de produits plus respectueux de la santé et du développement durable.