La recherche Bio en Wallonie : Quand la ferme devient laboratoire

Posté le 9 Mai 2014 dans Les Communiqués , Région Wallonne , Energie/Ecologie


Ce vendredi, le Ministre wallon de l’Agriculture Carlo DI ANTONIO a présenté le plan de recherche de terrain déployé dans 60 fermes wallonnes en matière d’agriculture biologique et d’autonomie protéique.


La production biologique est considérée comme un thème prioritaire en matière de recherche scientifique en Wallonie. A l’initiative du Ministre DI ANTONIO, un budget d’1 million d’euros y est désormais consacré annuellement. C’est la première fois qu’un tel montant est investi en faveur du bio en Wallonie.

La participation directe des producteurs aux travaux de recherche a été défendue par le Ministre DI ANTONIO.  Pour lui, la recherche doit avoir comme but de répondre de manière très concrète à leurs besoins sur le terrain.

La recherche sur la production biologique a également un impact positif pour l’ensemble du secteur. Elle met en évidence des techniques de réduction des coûts de production profitables tant aux exploitations biologiques que conventionnelles (diminution des intrants chimiques, réduction de la mécanisation, ...).

La Cellule BIO-PRO, développée au sein du Centre wallon de Recherches Agronomiques (CRA-W), pilote ainsi un plan de recherche transversal « agriculture biologique », en collaboration avec les représentants du secteur bio et incluant un volet bio dans chaque objet de recherche lié à l’agriculture traditionnelle. Elle est composée d’une vingtaine de chercheurs.

La définition du programme de recherche s’est basée sur les attentes et les intérêts du secteur. Les producteurs sont le moteur de la définition des sujets de recherche, partant de la réalité du terrain et des améliorations qu’ils souhaitent mettre en place. Cette combinaison des connaissances des agriculteurs et des compétences scientifiques du CRA-W assure une recherche au service de notre agriculture. A l’initiative du Ministre DI ANTONIO, ce principe a été repris dans le Code wallon de l’agriculture.

La colonne vertébrale de ce programme est un réseau de 60 fermes couvrant tous les grands types de production (laitière, viandeuse, grandes cultures, maraîchage, arboriculture, porc et volaille), dont la ferme Lesplingart à Quevaucamps visitée ce vendredi. La recherche participative sera menée au sein des exploitations selon 4 modalités:

-       La recherche expérimentale en ferme pour régler une question technique précise via des essais en exploitations (sur le quinoa, des variétés de protéagineux, la gestion des prairies, les maladies de conservation, etc.) ;

-       La recherche systématique à l’échelle de l’exploitation pour analyser et comprendre le fonctionnement de l’exploitation (comparaison des « performances » de différent modes de production, mise au point d’un outil d’aide à la décision, optimiser la valorisation de l’herbe, etc.) ;

-       La recherche participative avec le ou les agriculteur(s) pour répondre à une question propre à un agriculteur ou partagée par différents agriculteurs via la mise en place d’un groupe de réflexion pour l’exploration et la co-construction de solutions innovantes afin de susciter et/ou accompagner l’adoption d’innovations ;

-       La recherche d’intervention à l’échelle de la filière pour appréhender les situations de blocage dont les causes dépassent le cadre stricte de l’exploitation agricole.

Les chercheurs travaillent donc dans ces fermes, en interaction avec les exploitants, pour identifier les questions qui se posent lors de la production bio et tenter d’y apporter des réponses concrètes.

On constate aujourd’hui en Wallonie que la demande en produits agricoles sous certification biologique dépasse l’offre, particulièrement dans les secteurs porcin et maraîcher. Pour Carlo DI ANTONIO, cette demande non rencontrée constitue une véritable opportunité de développement économique pour les agriculteurs wallons !  C’est pourquoi le Ministre wallon de l’Agriculture soutient activement le secteur bio, notamment à travers ce plan de recherche. Sont également en jeu : la rentabilité des exploitations certifiées bio  et le revenu des nos producteurs wallons.

LE BIO : UN SECTEUR EN PLEIN DÉPLOIEMENT EN WALLONIE

Peu connue il y a encore quelques années, l’agriculture biologique s’est rapidement développée dans notre région en réponse à la demande et à la sensibilité des consommateurs wallons pour des produits issus d’un mode de culture excluant l’usage des pesticides. En vingt ans, le nombre de producteurs bio wallons est ainsi passé d’une cinquantaine à plus de mille. Le bio est aujourd’hui devenu un moteur du secteur agricole wallon.

Ces deux dernières années, sous l’impulsion du Ministre DI ANTONIO, la Wallonie a donc mis en place de nouvelles politiques et de nouveaux services de soutien aux producteurs bio.

Ainsi, le premier Plan stratégique pour le développement de l'agriculture biologique en Wallonie a été adopté en 2013. Il vise à promouvoir la production et la consommation des produits wallons issus de l’agriculture biologique. Ce Plan se concrétise dans une série de fiches actions que l’ensemble des Administrations wallonnes concernées (DGO3, DGO6, CRA et APAQ-W) mettent en œuvre, en collaboration avec d’autres structures.

Avec ce plan, l’objectif du Ministre wallon de l’Agriculture est de doubler à l’horizon 2020 la surface agricole bio en Wallonie. Aujourd’hui, la Wallonie en compte plus de 1.100 et la surface agricole bio s’élève à 54.745 ha soit 7,6% de la surface agricole utile totale.

Pour atteindre ce double objectif, les moyens affectés au secteur bio ont été largement augmentés! C’est 3,5 fois plus que les moyens qui y étaient auparavant consacré.

Près de 2.000.000 euros par an sont désormais consacrés à la recherche et au développement de la filière biologique en Wallonie. L’axe recherche (1 million d’euros) est confiée au CRA-W alors que le développement relève quant à lui de Bio Wallonie.

Recherche, Formation, Promotion et Encadrement sont les bases du développement du secteur.  

Carlo DI ANTONIO salue tous les agriculteurs bio wallons qui sont à la base de ce changement fondamental de notre agriculture. Le Ministre wallon de l’Agriculture rappelle enfin la fiabilité et la qualité du label bio, auquel le consommateur peut faire confiance au regard des contrôles imposés au secteur.

Quelques chiffres

Le nombre de producteurs certifiés bio est passé de 37 en 1987 à 1.144 aujourd’hui. La Flandre en compte, quant à elle, 291 à ce jour. La superficie agricole bio en Wallonie est passée de 583 à 57.132 hectares en 2013. En Flandre, seuls 6.028 hectares sont aujourd’hui consacrés au bio.