Le cdH présente le RECO: le Réseau Express de Covoiturage

Posté le 29 Octobre 2013 dans Les Communiqués , National , Cepess , Mobilité/Transport


Benoît LUTGEN, Président du cdH, et le CEPESS, Centre d’étude du parti humaniste, ont présenté ce mardi 29 octobre un projet audacieux et créatif : le RECO, le Réseau Express de Covoiturage, pour répondre aux besoins de mobilité de milliers d’automobilistes et pour accroître leur qualité de vie.


Proportionnellement à la moyenne européenne, la Belgique compte 4 fois plus de personnes travaillant dans une autre région que celle de leur habitation. La région bruxelloise capte une très grande partie de ces travailleurs, avec environ 371.000 personnes qui y travaillent, sans y habiter. Les embouteillages qui en résultent affectent la qualité de vie des Bruxellois, des Wallons et des Flamands, qui perdent beaucoup de temps dans les bouchons, et grèvent la compétitivité des entreprises de l’ensemble de la Belgique.

Afin de répondre à cette situation, une combinaison de différentes mesures doit être mise en œuvre dont l’amélioration et le renforcement de l’offre de transports publics (train, RER, transports en commun,…), le télétravail,… Cependant, ces réponses à la congestion routière ne sont pas toujours adaptées à la situation de certains navetteurs (contraintes professionnelles ou familiales, absence de gare de proximité ou de lignes directes,…).

Une solution complémentaire est le covoiturage organisé. Une étude du CEPESS démontre que ce mode de transport peut avoir un impact significatif sur la densité du trafic routier à condition de faire preuve d’audace et de créativité pour répondre aux besoins d’un grand nombre d’automobilistes et pour accroître leur qualité de vie grâce à un gain de temps quotidien substantiel.

Seulement 1/5 des voitures comptent au moins 2 personnes à leur bord en heure de pointe. Partant du constat qu’en réduisant d’environ 15% à 25% le trafic sur certains tronçons autoroutiers, il est possible de faire disparaitre les bouchons (situation observée durant les vacances scolaires), il suffit de convaincre 1 « autosoliste » sur 4 de laisser sa voiture et rejoindre un autre automobiliste pour que la circulation redevienne fluide. C’est arithmétique et c’est possible !

La diminution des embouteillages permettra à de nombreuses personnes de pouvoir partir plus tard de chez elles et de revenir plus tôt. Cela signifie plus de temps à consacrer par exemple à sa famille, à des activités sociales, sportives ou culturelles,… Au-delà de l’avantage du gain de temps, le covoiturage permet également de partager les coûts pour les utilisateurs, de mieux utiliser les infrastructures existantes et surtout de développer des liens humains de convivialité.

 

Afin de répondre à court et moyen terme à la congestion routière, l’étude du CEPESS recommande de mettre en œuvre le RECO, le Réseau Express de Covoiturage, via un plan d’actions composé de mesures radicales et innovantes à un coût raisonnable. Ce nouveau concept, décliné en 3 phases, vise à révolutionner la pratique du covoiturage par la création de « lignes de covoiturage ».

 

Phase 1 : Structurer le covoiturage traditionnel (2014-2015)

Le covoiturage traditionnel, c’est, par exemple, deux personnes habitant dans une même commune et qui travaillent à proximité l’une de l’autre, avec les mêmes horaires. Pour soutenir et amplifier cette pratique, il faudra développer une grande plateforme en ligne qui fera rencontrer l’offre (les chauffeurs) et la demande (les passagers) en temps réel et qui permettra le partage automatique des frais via le paiement en ligne. Une adaptation des dispositions fiscales en faveur du covoiturage doit être mise en œuvre pour ne plus pénaliser le covoiturage par rapport aux autres modes de déplacement. Il faudra aussi créer ou rendre accessible des parkings supplémentaires de petite ou de moyenne taille aux abords des entrées d’autoroute et lancer une campagne de promotion et de sensibilisation pour donner de l'ampleur à cette opération.  

Phase 2 : Créer les 1ères « lignes de covoiturage » (2015-2016)

Il s’agit d’une mesure radicalement innovante qui a pour objectif de repenser le covoiturage, différemment du covoiturage traditionnel. Partant du constat que d’autres personnes empruntent chaque jour les mêmes tronçons d’autoroute, aux mêmes heures, mais proviennent de communes différentes, le cdH propose de créer un dispositif qui les encouragerait à partager la seconde partie de leur trajet. Ce dispositif vise à créer des lignes de covoiturage sur l’autoroute, donc des portions de trajet entre des « stations d’embarquement » en amont des tronçons embouteillés et des « stations repères » à Bruxelles, le tout étant organisé et géré par une plateforme dynamique. Autre nouveauté : cette portion d’autoroute organisée en ligne de covoiturage bénéficiera d’une bande réservée aux véhicules à occupation multiple pendant les heures de pointes ! Une telle mesure est déjà d’application dans quelques grandes villes d’autres pays (Vancouver, Toronto, Madrid, Linz, Bristol, Leeds,…). Le cdH propose de créer les deux premières lignes de covoiturage autour de Bruxelles (sur l’E19-R0: de Braine-L’Alleud à Kraainem-Roodebeek et sur l’E411 : de Louvain-la-Neuve à Delta). Cette deuxième phase devra faire l’objet d’un monitoring précis et d’une évaluation afin, le cas échéant, d’en ajuster au mieux les paramètres (horaires, tronçons,…).   

Phase 3 : Multiplier, pérenniser et mettre en réseau les « lignes de covoiturage » (à partir de 2016)

Lorsque les effets des deux premières lignes de covoiturage seront concluants, un ensemble de lignes pourront être créées dans la Région de Bruxelles formant alors le tout premier Réseau Express de Covoiturage au monde : le « RECO ». D’autres territoires pourraient ensuite embrayer le pas : la région d’Arlon-Luxembourg-ville, Liège, Anvers, la zone Tournai-Mouscron-Lille, …

Pour Benoît LUTGEN, le RECO doit se développer en parfaite collaboration entre les différents niveaux de pouvoir, via un accord de coopération, et en association avec des partenaires privés (notamment pour les stations d’embarquement).

RECO constitue une réponse innovante, adaptée et réaliste pour répondre au défi de la congestion routière aux abords de notre capitale. Fondé sur le partage, la création de liens, la créativité et le sens de la responsabilité de chacun, il génèrera des effets positifs sur la mobilité et la qualité du temps des navetteurs. Le RECO est donc un outil essentiel de notre développement humain conjuguant des effets positifs pour  notre qualité de vie et l’activité économique.