« LE PLAN D’AVENIR POUR L’ECOLE » LA 1ère PRIORITE DU CDH

Posté le 14 Mai 2014 dans Les Communiqués , National , Enseignement/Famille


Ce mercredi 14 mai, Benoît LUTGEN, Président du cdH, et Marie-Martine SCHYNS, Ministre de l’Enseignement en Fédération Wallonie Bruxelles,  ont présenté « le plan d’Avenir pour l’école ». Il s’agit des principales mesures du cdH en matière d’enseignement, le cœur du projet du parti Humaniste.


Lors de cette législature, Marie-Dominique SIMONET et Marie-Martine SCHYNS ont tout misé sur la confiance et le travail avec les enseignants, les directions, les parents, les entreprises… Pour le cdH, la seule méthode qui est réellement efficace pour laisser des traces durables et pour faire évoluer l’enseignement, c’est de travailler avec les enseignants. Cette méthode a porté ses fruits : diminution du redoublement, amélioration des résultats des élèves aux tests PISA en français et en math, désormais supérieurs à la moyenne de l’Union européenne, … De plus, 1.500 enseignants supplémentaires ont été engagés durant cette législature et 55 millions € ont été dégagés pour permettre aux écoles de tous les réseaux de créer plus de 10.000 nouvelles places dans le fondamental et le secondaire pour les prochaines rentrées scolaires.

Afin de poursuivre ce travail, le cdH plaide pour un véritable « Plan d’avenir pour l’école » qui ancre l’école dans une conception résolument moderne, assure un financement juste de chaque école et soit tourné vers l’avenir. C’est maintenant qu’il faut décider de l’école que l’on veut.

Le « Plan d’avenir pour l’école »  est composé de trois axes forts :

  • Ancrer les savoirs dans la modernité ;
  • Affirmer la place de l’école au cœur de la société ;
  • Assurer un financement égalitaire des réseaux et un renforcement de l’autonomie des acteurs de l’école.

1. Ancrer les savoirs dans la modernité

Aujourd’hui, trop d’élèves quittent encore l’école sans maitriser les savoirs de base : français, expression écrite et orale, mathématiques, culture techno-scientifique, numérique, langues modernes... Or, pour le cdH, ces savoirs sont essentiels. Si du chemin a déjà été parcouru (notamment en ce qui concerne l’apprentissage des maths ou du français dans l’enseignement qualifiant), le cdH souhaite accélérer le mouvement, par les actions suivantes :

a)  baisser progressivement l’âge de l’obligation scolaire à 3 ans selon la progression suivante : 5 ans en 2016, 4 ans en 2017 et 3 ans en 2018. L’abaissement de l’âge d’obligation scolaire permettra d’éviter un retard d’apprentissage dès le début des primaires.

b)  renforcer le tronc commun d’apprentissage. Il s’agit de :

· définir une trajectoire d’apprentissage dès l’entrée à l’école jusqu’à la fin du 1er degré du secondaire afin de s’assurer de la maîtrise des compétences essentielles ;
· favoriser les transitions entre l’école primaire et le secondaire ;
· renforcer l’enseignement des savoirs de base dans toutes les filières de l’enseignement et en particulier dans l’enseignement qualifiant.

c) entrer dans l’ère du numérique. Toutes les écoles doivent entrer dans l’ère du numérique. Cela nécessite des moyens supplémentaires pour l’équipement de toutes les écoles. Ce matériel doit avant tout avoir du sens pédagogiquement : il doit être le fruit d’un projet de l’école visant à donner plus de sens aux apprentissages. Enfin, l’utilisation de ces technologies doit être accompagnée par la formation des enseignants.

2. Affirmer la place de l’école au cœur de la société

L’école doit être ouverte au monde de l’entreprise, dans une relation non pas instrumentalisée mais équilibrée où l’on apprend des attentes de chacun. Dans cet objectif, le cdH souhaite avancer sur trois volets en particulier :

a)  renforcer les liens entre l’école et l’entreprise

Si l’école s’est déjà fortement rapprochée de l’entreprise sous cette législature, il faut poursuivre et renforcer cette évolution. Chaque élève, quelle que soit sa filière, doit avoir l’occasion de vivre une immersion dans un milieu professionnel : c’est l’objectif à atteindre pour 2020.

Pour le cdH, il faut en priorité :

·  rendre les stages classiques obligatoires et évaluer l’opportunité d’allonger leur durée ;
· adopter un décret qui confirme la formule de l’immersion en entreprise (organisée jusqu’à présent sous la forme d’expériences pédagogiques) ;
· développer l’enseignement en alternance dans tous les bassins de vie en doublant à terme l’offre d’alternance et le développer dans davantage de filières d’enseignement ;
· faciliter, pour les professionnels de différents secteurs, l’entrée dans l’enseignement, y compris pour quelques heures de cours ;
· désigner dans chaque bassin scolaire et/ou dans chaque établissement du qualifiant, un « correspondant entreprise-enseignement-formation » chargé d’établir des contacts avec le milieu socio-professionnel.

b)  créer une filière technologique

Aujourd’hui, la distinction entre l’enseignement technique et l’enseignement professionnel ne répond pas à l’ensemble des besoins (en particulier les qualifications intermédiaires) et ne valorise pas suffisamment l’enseignement professionnel. Pour permettre une valorisation de toutes les filières, le cdH veut créer une filière « technologique ». Il y a en effet de très nombreux métiers qui se situent entre le niveau de master de l’enseignement supérieur et le niveau professionnel de l’enseignement secondaire et qui correspondent à de nombreux emplois actuels.

Le cdH propose dès lors de revoir les parcours de l’élève dans l’enseignement secondaire, en distinguant une filière générale, une filière technologique et une filière qualifiante et en redéfinissant les conditions d’accès à chaque étape du cursus, de façon à favoriser un choix positif de l’enseignement qualifiant.

Concrètement, le cdH propose de :

  • créer une filière « technologique » menant à des qualifications supérieures, notamment liées à de nombreux métiers en pénurie. Cette filière technologique permettrait de mieux préparer les élèves aux métiers dont la technicité exige une formation de type baccalauréat, comme dans le secteur des services aux personnes, de l’industrie… pour lesquels l’enseignement technique et professionnel n’est pas réellement adapté ;
  • réunir l’enseignement technique et professionnel en une seule filière « qualifiante » organisée sur 3 ans, comprenant des périodes d’immersion en entreprise sous forme de stages, d’immersion en entreprise ou d’alternance.
  • Assurer un financement égalitaire entre les réseaux scolaires et un renforcement de l’autonomie des acteurs de l’école

Pour le cdH, le financement différencié des réseaux d’enseignement ne se justifie plus au 21ème siècle. Un enseignement moderne requiert que chaque élève soit traité de la même manière, et que les différents réseaux bénéficient des mêmes normes de financement. Ce financement plus égalitaire doit également permettre de renforcer la collaboration entre les écoles, par bassins scolaires notamment, afin de veiller à ce que l’on n’offre pas les mêmes options dans chaque école alors que d’autres besoins ne sont pas couverts.

Les systèmes d’enseignement les plus performants dans le monde sont ceux qui parviennent à coupler l’autonomie octroyée aux acteurs de l’enseignement à la fixation d’objectifs clairs et régulièrement évalués. L’autonomie permet en particulier de tester les techniques pédagogiques et de favoriser la créativité et l’innovation, de permettre aux établissements de gérer leurs ressources propres pour, par exemple, mettre en place des modules de remédiation, de prise en charge des élèves avec des profils spécifiques…

Le cdH propose dès lors de :

  • assurer un financement égalitaire des différents réseaux scolaires, afin que chaque enfant bénéficie des mêmes moyens financiers ;
  • donner une forte autonomie aux directions dans l’utilisation des moyens. Une plus grande flexibilité dans l’utilisation des moyens permettra aux équipes éducatives de créer des dispositifs pédagogiques innovants en fonction de leur contexte local ;
  • veiller à ce que les Pouvoirs Organisateurs des écoles soient les bénéficiaires directs des moyens financiers perçus. Une plus grande flexibilité dans l’affectation de ces moyens pourra être recherchée, afin de favoriser l’émergence de dispositifs pédagogiques innovants ;
  • séparer nettement la tâche de régulateur et d’opérateur et créer des Pouvoirs Organisateurs autonomes et décentralisés dans le réseau de la Communauté française, qui pourront dès lors plus facilement renforcer leurs collaborations avec les autres écoles du réseau officiel et libre.