Les langues: le passe-partout du marché de l'emploi

Posté le 2 Avril 2012 dans Les Communiqués , Région Wallonne , Emploi/Economie


Une offre d’emploi sur cinq en Wallonie requiert explicitement la connaissance d’une autre langue que le français. André Antoine a donc décidé de mettre en œuvre un plan langue ambitieux pour les Wallons. Plateforme « Wallangues », chèques langues pour travailleurs, formations intensives pour demandeurs d’emploi: aucun Wallon n’est oublié par cette priorité. Sans oublier les bourses « rhétos », qui seront plus attractives, avec des plafonds relevés à hauteur du double des plafonds actuels. L’objectif de ces bourses est de mettre le monde dans la tête des jeunes Wallons et de les placer sur les rails de leur carrière professionnelle.


Désormais, comme vient de le décider le Gouvernement, sur proposition du Ministre de l’Emploi et de la Formation, André Antoine, les jeunes Wallons qui partent en immersion linguistique bénéficieront des conditions suivantes. 

- 4.000 euros pour une immersion unilingue d’un an sur le territoire belge.

- 6.000 euros pour une immersion unilingue d’un an à l’étranger. (8.000 euros en cas d’éligibilité à une bourse d’études).

- 7.000 euros pour les immersions dans deux langues différentes à l’étranger. (9.000 euros en cas d’éligibilité à une bourse d’études).

- 3.500 euros pour les immersions pour un seul semestre à l’étranger (5.000 euros en cas d’éligibilité à une bourse d’études). 

Ce relèvement des montants est clairement incitatif et permettra à de nombreux jeunes de surmonter l’obstacle financier que peuvent représenter les coûts d’un séjour en immersion. Ces bourses « Rhétos » ont pour objectif de permettre de conjuguer la maîtrise parfaite d’une langue et l’ouverture d’esprit utile àla poursuite d’études supérieures et/ou au démarrage de la vie professionnelle.

Mais l’apprentissage des langues est aussi un outil de reconversion, de progression ou tout simplement de réinsertion professionnelle. Les demandeurs d’emploi ont dès lors pu bénéficier depuis 2010 de 605.000 heures de formation intensive et de 728 bourses d’immersion. 212.000 chèques ont, en outre, été remboursés en faveur des travailleurs au cours de cette période. 

Quant à Wallangues, pas moins de 90.000 Wallons s’y sont déjà inscrits depuis le mois de novembre. L’engouement pour cet apprentissage se confirme à la lumière du succès rencontré par les séances de coaching effectuées par les responsables du site. Pas moins de 800 personnes ont participé aux 66 séances organisées en février.

Parmi les entreprises qui recherchent des compétences linguistiques, la connaissance du néerlandais est un atout important pour décrocher un emploi, surtout pour les personnes diplômées. La connaissance de l’anglais représente un « plus ». Des différences existent toutefois en fonction des secteurs, des fonctions et des Provinces.

En effet, certains secteurs présentent une proportion supérieure à la moyenne wallonne d’opportunités demandant au moins une langue. C’est le cas de la recherche et du développement, des transports aériens, des activités informatiques, des services auxiliaires financiers et d’assurances, del’intermédiation financière et des services auxiliaires des transports (agences de voyage). La constante dans ces secteurs est de recruter une part non négligeable de personnes avec un diplôme de l’enseignement supérieur.

En ce qui concerne les métiers, trois grandes catégories professionnelles se démarquent par des exigences linguistiques plus marquées. Il s’agit

• du personnel des services administratifs : près d’une offre d’emploi sur quatre mentionne au moins une compétence linguistique. Ce sont les profils d’assistant(e) en direction, de comptable et de secrétaire spécialisé(e) pour lesquels des connaissances en langues sont le plus souvent renseignées. Pour ces trois métiers, le néerlandais reste la première langue renseignée avant l’anglais. La connaissance de l’allemand arrive en dernière position.

• des métiers liés à l’informatique : pour ceux-ci, la maîtrise de l’anglais apparaît comme un préalable indispensable, et ce quel que soit le profil recherché. Outre l’anglais, on observe que la connaissance du néerlandais est de plus en plus citée par les employeurs. En effet, des poches d’emploi importantes sont situées à Bruxelles ou en Flandre.

• des métiers de la vente : plus particulièrement pour les opérateurs call center et les attachés commerciaux.

Pour les Provinces, c’est dans la Province de Liège que la part des exigences en langues est la plus importante (29 %). Ceci peut s’expliquer par la position géographique de l’arrondissement de Liège qui a la particularité de se situer dans la zone de point de rencontre de trois états, à 25 kilomètres au sud de Maastricht aux Pays-Bas et à 40 kilomètres à l’ouest d’Aix-la-Chapelle (Aachen) en Allemagne. Elle appartient aujourd’hui à une région transfrontalière, « l’Eurorégion », zone d’influence privilégiée. Par ailleurs, la Province de Liège comprend Verviers dont la proximité avec les Cantons de l’est explique largement les exigences recherchées par les employeurs, notamment en allemand.

En Province du Brabant wallon, près d’une offre sur cinq mentionne une exigence en langues. La proximité de Bruxelles-Capitale intervient largement dans l’exigence de compétences linguistiques. Et si, à Bruxelles, 90% des offres d’emploi exigent des compétences linguistiques importantes dans 2 deslangues nationales ainsi qu’en anglais, ceci est, bien sûr, lié à la situation de la ville : outre le fait d’être la capitale pour les communauté françaises et flamande, elle est aussi le siège de plusieurs institutions de l’Union européenne et de nombreuses organisations internationales, dont l’OTAN.

Bref, l’offre de formation en langues est aujourd’hui inédite et plus que jamais en phase avec la nécessité de rapprocher l’offre et la demande de travail. La volonté d’André Antoine est de poursuivre et, si possible, amplifier cette offre.

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Annexe :

Nombre des opérateurs par commune et type de formation (chq = Cheque formation, eps= Ens.Promotion Sociale, oisp, FF=Forem formation)

L’offre structurelle en Région wallonne

1.1     L’offre de formation linguistique

L’offre structurelle répertoriée est de deux ordres :

        soit il s’agit de l’offre accessible gratuitement aux demandeurs d’emploi, qu’elle soit dispensée par Forem Formation, par des OISP ou par l’Enseignement de promotion sociales ;

        soit il s’agit de l’offre agréée par la Région wallonne accessible aux travailleurs dans le cadre du dispositif Chèques-formation.

A noter que, au-delà de ces modules de formation linguistique proprement dite, les organismes de formation wallons que sont Forem Formation, l’IFAPME et les OISP intègrent l’acquisition de compétences linguistiques dans des parcours de formation orientés « métiers » (par exemple, tourisme, travaux de bureau, comptabilité, horéca, etc.)

L’on trouvera ci-après une cartographie de l’offre de formation linguistique au sens strict.

1.2     L’information sur l’offre de formation en langues

Les personnes souhaitant se renseigner sur l’offre de formation en langues ont la possibilité de consulter :

        d’une part, les Carrefour Emploi Formation (dont les coordonnées sont accessibles via le site du Foem) en ce qui concerne l’offre accessible gratuitement aux demandeurs d’emploi ;

        d’autre part, le site du Forem en ce qui concerne les opérateurs de langues agréés dans le cadre du dispositif Chèque-formation.

1.3     L’offre de formation en langues (au sens strict) en quelques chiffres

Tel qu’indiqué plus haut, s’agissant de formation professionnelle, les modules de formation linguistique sont souvent intégrés, dans l’offre structurelle, dans des filières « métiers », et ce, qu’il s’agisse de Forem Formation, de l’IFAPME ou des OISP.

Les modules de formation en langues au sens strict relèvent davantage, soit de l’Enseignement de promotion sociale, soit du Plan Marshall, en ce qui concerne la RW.

Les OISP

Parmi les OISP, l’on compte 10 organismes proposant des filières en langues reconnues comme telles, dont 50% en français langues étrangère.

L’IFAPME

Les centres de l’IFAPME organisant des formations continues en langues sont au nombre de 8. En 2011, ils ont comptabilisé un total de 3.273 heures/formateurs, principalement (à raison de 87%) en anglais et en néerlandais, à raison d’environ 50% pour chacune de ces langues.

Forem Formation

Tel qu’indiqué plus haut, l’offre de formation linguistique au sens strict est essentiellement proposée via les modules intensifs organisés dans le cadre du Plan Marshall.

Dispositif chèque-formation

Les 97.152 chèques-formation remboursés en 2011 ont été utilisés auprès de 37 opérateurs différents et ont été utilisés dans le cadre de 381 modules de langues, concernant l’anglais et le néerlandais dans près de 60% des cas (à raison d’environ 50% pour chacune de ces langues.