Pesticides : l’utilisation du glyphosate interdit à Bruxelles

Posté le 15 Avril 2016 dans Les Communiqués , Région bruxelloise


Sur proposition de la Ministre de l’Environnement Céline Fremault, le Gouvernement bruxellois a validé ce 14 avril 2016 lors du Gouvernement Nature l’interdiction de l’utilisation de pesticides contenant du glyphosate à Bruxelles.


Le glyphosate est la substance active du pesticide bien connu RoundUp de Monsanto. Un produit classifié comme cancérigène probable par l’Agence internationale de recherche sur le cancer de l’OMS que les professionnels et les particuliers utilisent sans toujours utiliser les protections ad hoc et parfois en surdose. Il représente pourtant un réel risque pour la santé humaine et pour l’environnement.

Si les pesticides ont contribué à améliorer la maîtrise des ressources alimentaires et de la santé publique (en particulier dans la lutte contre les insectes ou contre les vecteurs de maladies par exemple), le revers de la médaille est rapidement apparu : des phénomènes de résistance chez les insectes, puis des troubles de la reproduction chez les oiseaux, ont montré de façon spectaculaire les limites et les dangers de ces substances pour l’environnement et pour les écosystèmes. Les dangers de ces substances ont également été identifiés sur les êtres humains. Ils seraient à l’origine de maladies tels que cancers, maladies neurologiques, diminution de la fertilité…

L’Agence internationale de recherche sur le cancer de l’Organisation mondiale de la santé (Iarc) a classé le 20 mars 2015, cinq pesticides comme cancérogènes « probables » ou « possibles » pour l’homme. Il s’agit du malathion, du diazinon, du tetrachlorvinphos, du  parathion et du glyphosate. Pour les quatre premiers, la Belgique avaient déjà pris les mesures pour interdire leur commercialisation et leur utilisation. Aujourd’hui c’est au tour du glyphosate d’être interdit d’utilisation à Bruxelles. 

L’avant-projet d’arrêté prévoit que le ministre compétent pour l’environnement puisse accorder une dérogation à l’interdiction notamment pour des raisons de santé publique, de conservation de la nature ou de conservation du patrimoine végétal, et ce, uniquement en dernier recours, lorsqu’il n’existe aucune alternative possible.

Céline Fremault soulignent « l’importance, pour les particuliers comme pour les professionnels, de réduire significativement l’utilisation des pesticides et de favoriser l’usage d’alternatives plus respectueuse d’un développement durable ».

Le Gouvernement Nature de ce 14 avril a permis aussi de valider plusieurs arrêtés relatifs aux pesticides:

  • l’avant-projet d’arrêté relatif à l’organisation de l’examen de base, de formation initiale et de la formation continue dans le cadre de la phytolicence (certificat pour l’utilisation professionnelle, la distribution ou le conseil de produit). Depuis le 25 novembre 2015, tous les utilisateurs professionnels et distributeurs de pesticides doivent être titulaires d’une phytolicence pour pouvoir utiliser des pesticides. Les formations, ainsi que l’examen de base, doivent être mis en œuvre par les Régions. Le certificat est délivré par le Service Public Fédéral Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement.
  • l’ avant-projet d’arrêté du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale relatif au plan d’application de pesticides dans les espaces publics. Ce plan énumère les mesures nécessaires pour mettre en pratique une réduction progressive de l'utilisation des pesticides dans les espaces publics jusqu'au 31 décembre 2018 au plus tard. Il décrit également les mesures envisagées pour aboutir au respect de l'interdiction de l'utilisation des pesticides dans les espaces publics au plus tard le 1er janvier 2019.
  • l’avant-projet d’arrêté du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale relatif à l’affichage et au balisage dans le cadre de l’utilisation de pesticides. Préalablement aux opérations d'application des pesticides, les zones à traiter fréquentées par le grand public sont délimitées par un balisage et font l'objet d'un affichage signalant au public l'interdiction d'accès à ces zones.