Prisons : l’armée ne remplacera pas l’armada des moyens qui aujourd’hui font défaut !

Posté le 9 Mai 2016 dans Les Communiqués , National


Le Bureau politique du cdH s’est penché ce lundi sur la situation extrêmement préoccupante au sein des prisons. Le Bureau souhaite exprimer sa grande inquiétude quant à l’évolution de la situation, tant au niveau des conditions de travail des gardiens et des conditions indignes de vie des détenus que des risques sécuritaires. Il demande au Premier Ministre de prendre ses responsabilités et de tout mettre en œuvre pour rétablir une vie digne et humainedans les meilleurs délais.


Le cdH constate que la situation telle que vécue au sein des prisons ces derniers jours est la conséquence d’une dégradation constante de la politique carcérale, en particulier suite au carcan budgétaire imposé par le Gouvernement fédéral, et du manque de réponses structurelles.

Le Bureau du cdH prend acte de la décision du Gouvernement fédéral de solliciter les forces armées pour répondre à la situation d’urgence dans les prisons. Pour le cdH, l’envoi de l’armée ne remplacera pas l’indispensable armada de moyens humains et matériels dont le secteur pénitentiaire manque cruellement, au point de vivre aujourd’hui une crise humanitaire sans précédent.

A court terme, il importe de prendre toutes les mesures qui s’imposent pour rétablir des conditions de vie dignes dans les prisons en termes alimentaire, sanitaire et de santé et de reprise des visites tant des familles que des avocats.

A moyen terme, le cdH demande que le gouvernement fédéral se saisisse enfin de la proposition de loi déposée en septembre 2014 par Vanessa MATZ relative au service minimum des gardiens pénitentiaires (cf. annexe). Pour rappel, la Belgique est le seul pays d’Europe, avec l’Albanie, à ne pas assurer de service minimum en cas de grève dans les prisons. Il en va pourtant de dignité humaine des détenus ! En parallèle, et avec la même intensité, le cdH estime indispensable de revoir en profondeur les ressources consacrées à cette politique afin de disposer à l’avenir de moyens adéquats tant en termes de personnel que d’infrastructure.

Enfin, à plus long terme, le cdH considère que seule une réorientation structurelle de la politique pénale et pénitentiaire est de nature à apporter des réponses profondes aux problèmes multiples auxquels est confronté notre système carcéral : surpopulation, insalubrité, manque de moyens pour la réinsertion, le travail et la formation dans les prisons, allongement des peines, détention préventive… Les projets sur la table du Gouvernement n’apportent malheureusement aucune perspective positive en la matière.

Pour le cdH, le Premier Ministre doit sortir de sa prison d’indifférence et s’emparer enfin de ce dossier. Il est crucial que le Gouvernement prenne au sérieux les condamnations judiciaires (belges et internationales) qui s’accumulent quant à la situation carcérale dans notre Pays.