Projet de loi permettant la privatisation de BPost et Proximus : qui est gagnant ?

Posté le 20 Octobre 2015 dans Les Communiqués , National


Le groupe à la Chambre, exige une analyse sérieuse de la part du Gouvernement sur les conséquences, notamment en termes financiers, économiques et d’emplois avant tout vote du projet de loi ouvrant la porte à une privatisation de BPost et Proximus. Cette façon de procéder témoigne d’une légèreté et d’un manque de sérieux incroyables dans le chef du Gouvernement. 


L’analyse doit porter sur trois volets cruciaux de ce projet de loi : le volet financier et économique, l’impact sur l’emploi ainsi que sur le service aux citoyens.

En effet, qui serait le gagnant dans cette opération ? Poser la question, c’est y répondre :

  1. L’Etat et le contribuable ? Non

En effet, le retour sur dividendes est bien supérieur aux économies qui seraient réalisées sur les intérêts. Voir cette problématique par le seul prisme de la diminution de la dette relève d’une politique court-termiste.

  1. L’emploi ? Non

Une privatisation entrainerait sans aucun doute une perte d’emplois.

Par exemple, à BPost, 3000 emplois seraient directement menacés surtout les emplois des agents œuvrant à la distribution des journaux avant 7h30 ! Dire « jobs, jobs, jobs » à la tribune de la Chambre ne suffit pas, il faut joindre le geste à la parole et être cohérent.

  1. Le citoyen ? Non

Les victimes toutes désignées de l’arrêt des missions de service public de BPost seront les milieux ruraux et semi-ruraux. En effet, quid du maintien des bureaux de poste et des points Poste ? Quid de la distribution des journaux avant 7h30 dans ces régions ?... La rentabilité à tout prix pourrait avoir raison de ces services aux citoyens.

Corollairement, la presse écrite qui s’appuie fortement sur ses abonnés serait mise à mal. Ne plus assurer une distribution des journaux avant 7h30 que dans les grandes villes s’avèrerait fâcheux pour la survie du secteur.

Plutôt que de travailler à restaurer un climat social serein, le Gouvernement agite, sans aucune analyse probante, le spectre de la privatisation, ce qui risque d’avoir un impact important sur la stabilité des entreprises concernées.

Pour le groupe cdH, il s’agit d’un projet de loi idéologique et dogmatique dans lequel ni l’Etat, ni le citoyen, ni l’emploi ne sera gagnant.