« Une solution pour le dossier des numéros INAMI » ose annoncer la ministre De Block. Mais à quel prix !

Posté le 28 Avril 2017 dans Les Communiqués , National


Catherine Fonck, députée fédérale et cheffe de groupe, dénonce avec force la décision du gouvernement fédéral dans le dossier des numéros INAMI. Le MR abandonne les étudiants, les médecins et ne garantit plus la couverture de l’ensemble des besoins en santé publique en Wallonie et à Bruxelles.


Le gouvernement s’était déjà engagé sur le fait que les médecins et dentistes diplômés en 2017 obtiendraient un numéro INAMI. Rien de nouveau donc. Pour les étudiants qui suivent, le gouvernement fédéral avait promis qu’un numéro INAMI serait garanti pour les diplômés à condition que la Fédération Wallonie-Bruxelles mette en place un examen d’entrée. Cet examen d’entrée est déjà prévu le 8 septembre 2017. Malgré cela, le gouvernement fédéral laisse entendre qu’il réexaminera la situation chaque année. C’est incompréhensible. Le gouvernement maintient une épée de Damoclès sur les étudiants francophones, à l’inverse des néerlandophones également concernés par un surplus même s’il est moindre que du côté francophone.

Le gouvernement prévoit ensuite de suivre les propositions objectives de la commission de planification mais pour la seule année 2023 et de lui retirer ensuite ce travail. C’est stupéfiant ! En effet, la Commission de planification de l'offre médicale a tout récemment déterminé sur des bases objectives les quotas de médecins pour les années 2023 à 2026 selon une clé de répartition de 58 % pour les néerlandophones et de 42 % pour les francophones (et non plus selon une clé de répartition de 60 % pour les premiers et de 40 % pour les seconds).

Manifestement ces chiffres ne plaisent pas au nord du pays, et c’est donc pour des raisons purement de politique communautaire flamande que le gouvernement fédéral décide d'enlever cette mission à la commission de planification pour la confier à la Cour des comptes qui ne pourra plus définir les quotas en fonction des besoins de santé publique.

En sus, alors que cela représentait 607 numéros INAMI annuels pour les médecins francophones diplômés de 2023 à 2026, le gouvernement met en place un lissage négatif qui aboutit à seulement 505 numéros INAMI francophones pour les années 2024, 2025 et 2026 (qui sont les années de sortie des étudiants qui commenceront leurs études en 2018, 2019 et 2020), soit 102 médecins en moins chaque année ! C’est énorme alors même que du côté francophone des pénuries claires de médecins dans certaines régions et dans certaines spécialités sont établies, que de nombreux médecins atteindront l’âge de la pension dans les prochaines années, que des filières de recrutement vers d’autres pays de l’Union Européenne, et notamment la Roumanie, sont mises en place tant la pénurie est difficile à gérer, et que les universités accueillent un nombre élevé d’étudiants français.

Quand le MR dit que ce chiffre de 505 est supérieur au quota de 492 en vigueur sous la précédente législature, il fait une comparaison avec un chiffre totalement dépassé puisque les évaluations récentes montrent combien les besoins ont augmenté.

La solution retenue traduit donc les volontés néerlandophones et nie complètement les besoins de santé publique en Wallonie et à Bruxelles !

Le MR cède une nouvelle fois au diktat des partis flamands de la majorité.

C’est inadmissible et ces reculs successifs se font sur le dos des médecins, des étudiants mais aussi des patients francophones.