"Villes nouvelles"

Posté le 19 Février 2014 dans Les Communiqués , National , Cepess , Emploi/Economie , Mobilité/Transport , Enseignement/Famille , Logement/Aménagement


Benoît LUTGEN, Président du cdH, et le CEPESS, Centre d’études du parti humaniste, ont présenté, ce mercredi 19 février, un projet audacieux et créatif : « les villes nouvelles ».


Lancée en juin 2013 par Benoit LUTGEN, l’idée de bâtir des villes nouvelles avait surpris bon nombre d’interlocuteurs. Cette idée suscite un intérêt croissant des citoyens, des acteurs de la construction et du territoire, mais aussi du monde politique. Le Plan Marshall 2022 évoque lui-même l’idée de « bâtir la ville de demain pour répondre au défi démographique en luttant contre l’étalement urbain ».

Une étude du CEPESS démontre la pertinence de cette proposition, présente les conditions de réussite d’un tel projet et propose plusieurs zones géographiques susceptibles d’accueillir une ville nouvelle.

1. Pourquoi bâtir des villes nouvelles ?

La Wallonie accueillera environ 330.000 habitants supplémentaires à l’horizon 2030, soit 192.000 nouveaux ménages wallons. En y ajoutant la demande de résidences secondaires et de logements pour les étudiants, cela signifie qu’il faudra construire 256.000 habitations d’ici 16 ans, sachant que la croissance démographique se poursuivra, avec encore 315.000 nouveaux Wallons entre 2030 et 2060[1].

Les citoyens ont donc besoin d’une réponse forte pour répondre à la croissance démographique et réduire le déficit d’habitation qui s’accumule depuis plusieurs années.

La question qui se pose n’est donc pas de savoir « si » ou « quand », mais  plutôt « comment » et « où » nous allons construire ces nouvelles habitations.   A politique inchangée, l’éparpillement de l’habitat aura un coût pour les familles et la collectivité : accès encore plus difficile au logement, explosion des coûts d’énergie, notamment liés aux transports, détérioration du cadre de vie, des paysages et de l’environnement, hausse du coût de l’entretien des voiries, de l’égouttage, des infrastructures (eau, énergie, déchets…), …

Plutôt que de contraindre les personnes à habiter dans la ville ou sanctionner ceux qui ont choisi la campagne, le cdH propose de privilégier une voie nouvelle, créative et audacieuse : celle de bâtir des « villes nouvelles » pour redonner le goût de la ville à ceux qui l’ont fui, pour faire émerger en Wallonie des projets urbains d’envergure et fédérateurs, pour susciter de l’enthousiasme, pour mobiliser les énergies et les compétences et pour développer des modes d’habitat et des quartiers exemplaires sur les plans de la qualité de vie et du vivre ensemble. Créons les villes les plus humaines d’Europe !

L’étude du CEPESS détaille les différentes étapes nécessaires pour créer des villes nouvelles. Les études préparatoires pourraient commencer dès 2014, le lancement des chantiers dès 2017 et les premiers habitants dès 2019.

2. Des villes nouvelles humaines « jeunes admis, ainés respectés »

Ces nouvelles villes constitueront un projet fort et mobilisateur qui misera sur la qualité de vie et les espaces partagés et sera orienté sur des priorités tournées vers l’avenir (les télécommunications, les nouvelles technologies, les nanotechnologies, l’autonomie énergétique, …).

Les villes nouvelles incarneront le développement humain avec une mixité sociale, intergénérationnelle et fonctionnelle (logements, entreprises, crèches, écoles, loisirs, …), une densité à taille humaine, de la convivialité à travers un habitat ouvert, du partage de ressources (espaces de coworking ou de télétravail partagé, covoiturage, car-sharing, maisons de villages « urbains »…) du temps de qualité (facilités numériques, proximité des activités, bonne desserte en transports publics…).

La construction de ces villes nouvelles sera l’occasion de créer des emplois, de valoriser le savoir et le savoir-faire de nos entreprises et de nos talents dans l’architecture, la construction, l’urbanisme, les nouvelles technologies, …

3. Identification de zones potentielles

Le CEPESS a identifié, de façon non exhaustive, une dizaine de zones présentant un intérêt et un potentiel.

Le CEPESS a d’abord analysé 4 types de zones géographiques qui présentent une telle opportunité :

Ø  des territoires à forte croissance démographique, ou subissant une importante pression immobilière. Des villes nouvelles y détendraient les marchés et y restaureraient un véritable accès à un habitat de qualité ;

Ø  des territoires en zone rurale marqués par l’absence d’un pôle urbain de taille significative et structurant pour le territoire ;

Ø  des territoires frappés par une reconversion industrielle et démographique. Les villes nouvelles peuvent alors y créer un électrochoc psychologique et social positif auprès de la population, métamorphoser l’image d’une région vers l’extérieur et y inverser la dynamique démographique ;

Ø  des centres urbains existants qui nécessitent de retrouver de l’attractivité.

Les zones identifiées doivent ensuite répondre à une série de critères de réussite :

Ø  les axes de transport existants : autoroutes, ligne ferroviaire et gare, axe fluvial (au moins deux de ces trois modes doivent y être présents) ;

Ø  le foncier disponible : surface urbanisable à court terme ;

Ø  le périmètre potentiel : surface urbanisable ou à requalifier à plus long terme (remembrement territorial, démolition-reconstruction, modifications du plan de secteur, …) ;

Ø  les projets existants concernant le site : implantation d’équipements collectifs, quartier durable, développement d’une zone d’activité économique, … ;

Ø  la demande immobilière actuelle : niveau actuel des prix de l’immobilier par rapport à la moyenne belge ;

Ø  le potentiel démographique : croissance démographique de l’arrondissement à l’horizon 2030 et à plus long terme ;

Ø  le dynamisme économique de la zone ;

Ø  la localisation dans une zone Plan Marshall : commune reprise comme zone prioritaire du Plan Marshall ;

Ø  l’effet structurant du projet : les effets potentiels de la présence de villes nouvelles sur l’économie, l’emploi, la qualité de vie, le dynamisme culturel et démographique du territoire.

Sur base de ces critères, le CEPESS a identifié 9 zones d’intérêt susceptibles d’accueillir une ville nouvelle, dans chacune des 5 provinces wallonnes.

4. Analyse d’une zone plus approfondie : un site au cœur de La Louvière

Parmi la dizaine de zones identifiées, une première localisation a d’ores et déjà fait l’objet d’une analyse plus approfondie.

La proposition du site de La Louvière présente de multiples atouts :

Ø  il s’agit d’une zone en reconversion économique sur laquelle il y a une large maîtrise foncière par des acteurs publics ;

Ø  les différents modes de transport y sont bien représentés : proximité directe d’une autoroute, à moins de 30 minutes de l’aéroport de Charleroi, transport fluvial, gare ferroviaire à proximité ;

Ø  la superficie disponible est de 100 hectares, éventuellement extensible à 150 hectares.

Le développement de cette ville nouvelle, « La Louvière-la-Neuve », devra s’articuler autour d’un technopôle qui regroupera des entreprises innovantes ainsi qu’un centre de recherche porté par les universités hennuyères.

Autour de ce pôle technologique, créateur d’emplois, des quartiers d’habitations seront construits pour accueillir quelque 10.000 habitants ainsi que des écoles, des crèches, des commerces de proximité, des infrastructures de sports et de loisirs, des espaces verts et espaces publics, … Cette « ville nouvelle dans la ville » sera raccordée à La Louvière et à ses pôles commerciaux par des voiries nouvelles privilégiant les déplacements piétons, vélos et de transport en commun.

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Pour Benoît LUTGEN, bâtir des villes nouvelles est réponse innovante, adaptée, créative et réaliste pour répondre au défi démographique qui nous attend. Elles permettront également de créer de l’emploi, de renforcer les liens humains et d’améliorer la qualité de vie de tous ses habitants.