Vivre mieux, c’est possible !

Posté le 29 Mars 2014 dans Les Communiqués , National , Congrès


Vivre mieux, c’est possible ! C’est notre conviction et la base de notre engagement pour la prochaine législature. Notre projet de société porte un nom : le développement humain. Il vise la croissance de la qualité de vie, par l'éducation, l'emploi, le logement, la santé, la sécurité. Il repose sur une évidence. Pour vivre mieux, nous n’avons pas tant besoin de faire « plus » : plus de biens, plus d’argent, plus de vitesse, mais aussi plus de stress, plus de pollution, plus d’inégalités… Nous avons surtout besoin de faire « mieux ».
 
Aujourd’hui, plus de 80% de la population a le sentiment que leurs enfants auront une vie plus difficile que la leur. C’est inacceptable. Nous refusons le choix de la morosité. La Belgique est un pays riche, riche de talents et de compétences, occupant une situation stratégique au centre de l’Europe. Nous avons notre destin entre les mains. Nous pouvons être un moteur d’avenir et offrir aux générations futures une vie plus belle.


Construire l’avenir

Le prochain scrutin n’est pas un scrutin comme les autres. Il sera décisif pour l’avenir de notre pays. Les parlements régionaux et communautaires, le parlement fédéral, le parlement européen, tous vont être renouvelés. Mais surtout, nous allons connaître la plus longue période sans élections depuis la Deuxième Guerre mondiale : quatre ans et demi avant les prochaines élections locales ! Quel contraste avec les huit années électorales que nous avons connues en douze ans. Quel contraste avec la législature qui s’achève.

Depuis 2007, notre pays a été traversé par une double crise sans précédent : une crise institutionnelle qui a hypothéqué l’avenir de notre pays et une crise financière mondiale qui a fait basculer l’ensemble de nos économies et provoqué une crise sociale et budgétaire : croissance économique atone, montée du chômage, crise de l’Euro et des dettes souveraines, plans de rigueur et mesures d’austérité… Le Gouvernement actuel a fait front. Il a réussi à apaiser les conflits communautaires grâce à la sixième réforme de l’Etat. Il a également remis la Belgique sur les rails de l’équilibre financier. Il a dû travailler dans l’urgence. Il a paré au plus pressé. Mais il n’a pas assez eu la possibilité de se projeter dans le futur. Nous sommes désormais à la croisée des possibles. Durant les cinq années qui viennent nous ne pouvons pas nous contenter de gérer le présent. Nous devons construire l’avenir. 

Cinq leviers pour agir

Cette ambition de construire l’avenir a animé le travail remarquable qui a été réalisé avec l’ensemble des militants du parti et de nombreuses personnes de la société civile depuis le congrès de Louvain-la-Neuve en avril 2013. Lors de ce congrès, nous avons décidé de faire du développement humain notre projet politique. L’opération IDéesH, dans les mois qui ont suivi, a fait émerger des centaines de propositions concrètes innovantes. Elles forment le socle d'une alternative nouvelle et forte et de l'avenir que nous traçons, en particulier pour les jeunes.

C’est l’ensemble de ces propositions, c’est cette alternative enthousiasmante, qui constitue notre nouveau programme politique. Il est articulé en cinq axes qui correspondent à cinq leviers d’actions prioritaires pour construire une société du développement humain.

Axe 1 : «  Susciter le meilleur en chacun par l'éducation et la culture » 

Le premier levier est l’éducation parce que c’est d’abord en investissant dans les personnes, en aidant chacun à se réaliser, qu’il sera possible d’améliorer la qualité de vie de tous. Nos premières propositions concernent le soutien aux parents.  L’enseignement, obligatoire et supérieur, constitue la deuxième dimension au centre de cet axe. C’est grâce à un enseignement de qualité que chacun pourra s’ouvrir à la culture et acquérir les compétences nécessaires pour relever les défis de notre siècle.

Axe 2 : « Mettre l’économie au service de l’humain »

L’économie est le deuxième levier. Elle est le moteur de l’activité, le cœur de la prospérité collective. En réorientant notre économie, c’est la société tout entière que nous transformons. Elle doit à la fois permettre la création des biens et services nécessaires à notre qualité de vie et offrir la possibilité à chacun d’accéder à un emploi. Mais l’économie n’est qu’un moyen pour nous permettre de vivre mieux. Elle doit donc demeurer respectueuse des personnes et de la nature.

Axe 3 : « Conclure un nouveau contrat de société »

Le troisième levier est notre système fiscal et social. Nous devons conclure un nouveau contrat de société qui établit un nouvel équilibre entre les contributions des différents revenus et qui renforce la participation sociale. La fiscalité doit mieux traduire nos objectifs : valoriser le travail ainsi que les produits et services utiles pour notre environnement et favorisant les liens humains. Notre modèle de protection sociale doit également être réformé afin de renforcer la participation de tous à la vie de la collectivité et de mieux tenir compte des nouveaux besoins.

Axe 4 : « « Rassembler par le territoire »

L’aménagement du territoire est un quatrième levier essentiel. La configuration de nos territoires, de nos lieux de vie et de notre habitat façonne nos relations sociales et les liens de solidarité. L’accès à un logement de qualité et ouvert à son environnement extérieur, la multiplication d’espaces verts ou de lieux de rencontre conviviaux et partagés nourrissent la qualité des liens sociaux. Par l’aménagement de notre territoire, nous pouvons également retrouver la maîtrise de notre temps : remplacer les temps contraints par des temps choisis. Cela passe notamment par une mobilité plus fluide et un meilleur usage des technologies.

Axe 5 : « Construire le vivre ensemble »

Le dernier levier, le cinquième, représente la synthèse de l'enjeu politique : vivre ensemble. Ce vivre ensemble, nous devons le construire collectivement. Cela demande de permettre à chaque personne de jouer son rôle de citoyen et de prendre pleinement part à la société. Mais cela exige de garantir le respect de chacun en assurant le respect des règles collectives. Enfin, il faut surmonter le repli sur soi et favoriser le dialogue entre les personnes et les cultures afin de permettre l’émergence de valeurs partagées.

Des objectifs chiffrés

Pour retrouver confiance dans l’avenir et changer notre modèle de développement, nous devons modifier la manière dont nous le mesurons. Aujourd’hui, la référence constante au PIB (Produit intérieur brut) symbolise à elle seule un modèle de développement centré sur la croissance de la quantité des biens et produits. Si nous voulons privilégier le développement humain, nous avons besoin d’indicateurs de développement humain complémentaires au PIB et de nous donner des objectifs précis par rapport à ceux-ci. C’est le sens du tableau que nous présentons ci-dessous.

Au lieu de se perdre dans d’inépuisables conflits institutionnels, les prochains gouvernements doivent faire  le choix de la coopération. Nous souhaitons qu’ils s’entendent autour des indicateurs complémentaires. Pris ensemble, ils définiront une stratégie interfédérale pour le développement humain étalée sur 10 ans.

Cette stratégie permettra d’assurer la convergence entre les initiatives de l’ensemble des pouvoirs publics autour de lignes directrices et d’objectifs chiffrés communs devant être atteints pour 2025. Elle permettra d’orienter les politiques publiques vers un but commun, celui que nous voulons partager avec l’ensemble des citoyens et qui donne sens à notre engagement politique : Vivre mieux !

Les 10 propositions prioritaires du cdH

Priorité 1. Faire confiance aux enseignants

La qualité d’un système scolaire dépend de la motivation des équipes pédagogiques qui doivent sentir qu’elles sont soutenues mais également que l’on leur fait confiance. C’est pourquoi le cdH veut renforcer l’autonomie des écoles, notamment en :

- donnant aux directions une plus grande flexibilité dans l’utilisation de leurs moyens ;
- fixant des objectifs à atteindre plutôt que des contraintes à respecter ;
- permettant aux établissements de lancer des projets-pilotes, par exemple sur l’organisation du rythme scolaire pour permettre l’intégration dans la journée des activités scolaires et parascolaires ;
- renforçant le soutien administratif aux directeurs d’école pour qu’ils puissent se concentrer sur le pédagogique
- créant dans chaque bassin scolaire des pouvoirs organisateurs autonomes dans le réseau de la Communauté française.

Priorité 2. Faciliter la vie des familles grâce à une école ouverte à tous les talents

L'école doit construire les savoirs de base (lire, écrire, s'exprimer, inventer, comprendre le monde), mais il est également important que des enfants en difficulté scolaire mais s’épanouissant dans d’autres activités puissent y trouver leur place.

C’est pourquoi le cdH entend favoriser la création d’écoles ouvertes à tous les talents en assurant une meilleure collaboration entre les écoles, d’une part, les académies, les centres sportifs et culturels, ainsi que les écoles de devoirs, d’autre part.

Nous proposons de renforcer la qualité de l’accueil extrascolaire pour tous les enfants en donnant aux associations accès aux infrastructures des écoles ou en prévoyant le transport des enfants entre les écoles et les lieux d’activités parascolaires.

Cette proposition permettrait également que le temps de l’école et le temps des parents, rythmé par leur vie professionnelle, correspondent davantage.

Nous souhaitons avancer en ce sens à partir d’écoles pilotes volontaires.

Priorité 3. Créer des emplois pour les jeunes

Les jeunes subissent de plein fouet la crise économique. Leur taux de chômage est de 23,7%. Ce n’est pas étonnant dans la mesure où les entreprises demandent d’avoir une expérience professionnelle, alors que les jeunes qui sortent des études n’en ont pas encore.  Afin de faciliter l’insertion des jeunes sur le marché de l’emploi, le cdH souhaite réduire à 0% les cotisations sociales patronales de tous les jeunes qui entament leur première expérience professionnelle.

Priorité 4. Simplifier la vie des PME

Pour simplifier la vie des entreprises, le cdH propose qu’il n’y ait plus qu’une personne de contact dans l’administration pour chaque entreprise. Cette personne centralise toutes les demandes faites aux entreprises. Elle assurera un rôle de coordination entre les différents services publics, notamment en fournissant elle-même les renseignements administratifs dont elle a connaissance. Elle jouera également le rôle de guichet unique pour l’entreprise qui pourra lui adresser toutes ses demandes d’informations. Cet accompagnement personnalisé permettra de renforcer la confiance et la proximité entre les services publics et les entreprises.

Priorité 5. Révolutionner la fiscalité

Le système fiscal est devenu injuste, inefficace et trop complexe. Une révolution fiscale s’impose d’urgence pour que la fiscalité pèse moins sur ce qui contribue au bien-être de tous, comme le travail, et plus sur ce qui nuit à ce bien-être. Nous proposons notamment de :
- valoriser le travail : un gain de 100 euros par mois et par travailleur, une meilleure prise en compte de la situation familiale et 0% d’impôt jusque 11.000 euros  afin de lutter contre les pièges à l’emploi ;
- créer 140.000 emplois : une réduction massive du coût du travail et la suppression de toute cotisation sur le salaire minimum
- rétablir une plus grande justice sociale : la fiscalité sur le travail et les entreprises sera fortement diminuée en faisant contribuer les spéculateurs et en luttant contre la fraude et la pollution, ce qui bénéficiera principalement aux travailleurs et aux PME ;
- garantir le financement des pensions, des soins de santé et des services publics en assurant la neutralité budgétaire de la réforme proposée et en consacrant les effets-retour de la création d’emplois à la réduction du déficit public.

Priorité 6. Renforcer les services aux personnes

Une économie au service de l’humain, c’est une économie qui place en son centre le bien-être des personnes. La place accordée aux services aux personnes en est la meilleure expression. Aujourd’hui déjà, de nombreux besoins dans ce domaine ne sont pas rencontrés en raison du coût excessif du travail. Or l’allongement du temps de la vie va engendrer la multiplication de ces besoins. Investir dans ces emplois à haute valeur humaine ajoutée est par conséquent une priorité absolue pour le cdH. Nous proposons notamment de :
- créer 21.000 emplois dans le secteur non marchand en réduisant le coût du travail ;
- garantir les pensions ;
- ne plus augmenter le prix des titres-services et les étendre à de nouvelles activités ;
- renforcer les subventions accordées au secteur non-marchand ;
- développer les métiers à domicile ;
- mettre en place une assurance-autonomie qui interviendrait dans le coût des services aux personnes en fonction du degré de dépendance de la personne âgée.

Priorité 7.  Créer les villes nouvelles les plus humaines d’Europe

D’ici 2030, il faudra créer 380.000 habitations en Wallonie et à Bruxelles. Ces villes, qui devront être les plus humaines d’Europe, seront construites soit dans les zones où il manque un pôle urbain important, soit dans des villes existantes ou en bordure de celles-ci. Elles permettront de repenser l’habitat, la mobilité, l’urbanisme et la ville. Elles offriront un cadre de vie convivial et sécurisant. Elles seront  pratiques grâce à la proximité des commerces, des services et des équipements collectifs. Elles permettront aux ainés de rester autonomes, aux jeunes et aux familles de vivre dans un habitat de qualité à un coût acceptable...

Cette ambition symbolise notre volonté de ne pas refaire la même chose qu’hier, mais de nous projeter dans l’avenir. Nous proposons de réinventer la ville, comme l’économie et la société, parce que nous voulons mobiliser autour des projets innovants qui seront les moteurs susceptibles de redynamiser l’ensemble de nos régions.

Priorité 8. Créer le RECO : le Réseau Express de Covoiturage

Chaque année, nous perdons 1.470 heures dans les embouteillages. Ces embouteillages sont une source de stress, de perte de temps, de pollution… Parallèlement au renforcement des transports commun, le cdH veut favoriser le covoiturage organisé en créant un RER autoroutier, le RECO. Avec le RECO, il n’est plus nécessaire de trouver quelqu’un qui habiterait près de chez soi et qui aurait exactement les mêmes horaires. Le RECO s’appuie sur les dernières technologies pour faciliter la rencontre entre navetteurs, mais aussi sur des bandes réservées au covoiturage sur les autoroutes et des stations d’embarquement de nouvelle génération, plus modernes et plus pratiques… Il offre toutes les garanties aux usagers : retour assuré vers sa station d’origine, fiabilité et sérieux du conducteur et des passagers… En heure de pointe, il suffirait de convaincre une personne sur quatre de renoncer à sa voiture pour que le trafic soit fluide.

Priorité 9. Permettre aux jeunes de devenir propriétaire

Pour aider les jeunes à trouver un logement qui correspond à leur budget et à leur souhait, le cdH propose de lancer la formule « J ». Celle-ci permet aux jeunes ménages de n'emprunter à la banque que le prix des briques, pas celui du terrain. Le jeune devient propriétaire du bâtiment, déjà construit ou à construire, mais loue le terrain à bas prix sur base d’un leasing (minimum 15 ans) ou d’une emphytéose (minimum 27 ans). Au terme du leasing ou de l’emphytéose, la personne aura le choix entre racheter le terrain revendre son habitation ou reconduire le leasing ou l’emphytéose.

Le cdH propose également de permettre un étalement du paiement des droits d’enregistrement sur 5 à 10 ans. L’étalement lève un obstacle majeur de l’accès à la propriété : devoir débourser plusieurs milliers d’euros d’impôt au moment de l’achat.

Priorité 10. Garantir une justice et une police plus rapides

L’arriéré judiciaire que nous connaissons en Belgique est intolérable. Il génère un sentiment d’impunité et fragilise la confiance des citoyens dans les institutions. Le cdH propose que chaque jugement pénal soit rendu dans l’année de l’introduction de l’affaire. Les services de police seront également renforcés en se donnant notamment comme objectif de respecter un délai maximal d’intervention. Les citoyens doivent avoir la certitude que, lorsqu’ils appellent la police, une équipe sera sur place dans un délai raisonnable. De plus, le cdH demande un refinancement de la justice et que l’informatisation se poursuive au sein de tous les services.