Vivre plus vieux… vivre heureux !

Posté le 20 Mai 2014 dans Les Communiqués , National , Aînés cdH , Santé/Recherche


Ce mardi 20 mai, Benoît LUTGEN, Président du cdH, a présenté les mesures proposées par le cdH pour améliorer la qualité de vie de nos aînés.
 


La vie s’allonge. En 50 ans, les femmes et les hommes belges ont gagné près de 10 ans de vie en moyenne. De plus, avec la croissance démographique en Belgique, d’ici 2030, il y aura 770.000 personnes âgées de 65 ans et d’ici 2060, les personnes de 80 ans et plus vont tripler.

Pour le cdH, l’important n’est pas seulement l’allongement de la vie, mais surtout l’allongement de la vie de qualité et en bonne santé ! Cette qualité de vie doit être garantie non seulement lorsque les aînés sont en bonne santé, mais également lorsqu’ils deviennent dépendants.

Nos propositions pour améliorer la qualité de vie des aînés s’articulent autour de 5 axes forts :

· assurer aux aînés un revenu décent ;
· soutenir l’autonomie des personnes âgées qui souhaitent rester à domicile en développant les services aux personnes ;
· diversifier l’offre de logement en privilégiant un milieu de vie adapté et générateur de liens ;
· développer l’intergénérationnel en maison de repos ;
· soutenir les métiers du cœur et le secteur des services aux personnes : les aides-familiales, les aides-soignants, les infirmières à domicile…

1. Assurer aux aînés un revenu décent

Pour le cdH, la pension légale (1er pilier) doit être renforcée pour assurer l’accès à tous à un niveau de vie de qualité. Seul ce pilier en effet assure la solidarité entre les Belges, les travailleurs et les pensionnés.

Le cdH propose de :

·  relever le montant de la pension minimum à un niveau minimum de 1.300 euros par mois ;
· relever le taux de remplacement de la pension légale (c’est-à-dire le niveau de la pension par rapport au dernier revenu), en relevant le plafond qui limite le salaire pris en considération dans le calcul de la pension ;
· poursuivre l’harmonisation des régimes de pension pour promouvoir la mobilité professionnelle, en particulier l’alignement progressif de la pension minimum des travailleurs indépendants (actuellement de 1.061 euros) et des carrières mixtes (actuellement de 954 euros), fortement pénalisées par le système actuel, sur celle des salariés.

Le cdH refuse d’augmenter l’âge de la pension légale (65 ans). Il faut plutôt poursuivre les efforts pour relever l’âge effectif de la pension, aujourd’hui de 59 ans, en tenant compte de la pénibilité des carrières.

2. Soutenir l’autonomie des personnes âgées en développant les services aux personnes

Afin de favoriser le maintien à domicile des personnes âgées qui le souhaitent, le cdH propose de :

a)   financer les soins à domicile

Pour soutenir les personnes âgées qui souhaitent rester à domicile tant que leur état de santé le leur permet, le cdH propose de créer une assurance autonomie sur le modèle de l’assurance santé, pour :

  • financer les services et le matériel en fonction des besoins, que ce soit à domicile ou en hébergement (aides et soins, télé-vigilance…) ;
  • assurer un remboursement des prestations en fonction de la situation de dépendance des personnes, en incluant le handicap ou les maladies chroniques.

Par ailleurs, le cdH se battra pour assurer la pérennité des titres-services et ne pas augmenter leur prix.

b)   coordonner les services aux personnes

Trop souvent, les personnes dépendantes ou leur entourage ignorent où s’adresser pour bénéficier des services qui pourraient les aider au quotidien. Il est notamment difficile, une fois une organisation mise en place, de savoir comment l’adapter lorsque les besoins de la personne évoluent.

C’est pourquoi, le cdH propose de développer les centres de coordination et de soins existants aujourd’hui pour que chaque famille puisse disposer d’un référent de confiance qui assure la coordination de l’accompagnement, tant en ce qui concerne les besoins médicaux ou ménagers, que l’adaptation du logement, le suivi avec le médecin traitant…

Pour le cdH, il est essentiel de tout mettre en œuvre pour améliorer la qualité de vie de nos aînés.

c)   Faciliter l’adaptation de son logement

Pour pouvoir rester vivre à domicile lorsque son autonomie diminue, il est important de pouvoir disposer de services aux personnes, mais il est également souvent nécessaire d’aménager son habitation.

Afin que les aînés disposent des moyens financiers pour pouvoir investir dans l’adaptation de l’habitation (accès, ergonomie,…), le cdH souhaite donc créer le quali-pack. Il s’agit d’un prêt à taux zéro jusqu’à 25.000 € et des primes, en fonction du handicap, de l’urgence et de la situation sociale du bénéficiaire. Ce système permettra d’éviter des dépenses plus importantes à l’avenir avec l’institutionnalisation accélérée de la personne âgée.

Le cdH plaide également pour que, lors de la création de nouveaux logements, on puisse anticiper dès le départ l’adaptation du logement en fonction du cycle de vie de ses habitants.

d)   Soutenir les aidants proches

De nombreuses personnes âgées ne pourraient rester à leur domicile sans l’aide au quotidien de leur entourage (famille, amis,…). Ces personnes représentent des milliers de mains qui, dans l’ombre, donnent un supplément d’âme à la société. Pour le cdH, il est essentiel de les soutenir dans leur action au quotidien en leur octroyant un congé thématique spécifique et en reconnaissant davantage leur action (par un accès aux droits sociaux, assimilation pour la pension notamment).

3. Diversifier l’offre de logements en privilégiant un milieu de vie adapté et générateur de liens

Si, pour le cdH, il faut favoriser le maintien à domicile, celui-ci n’est pas toujours possible. C’est pourquoi il faut diversifier l’offre de logements afin d’offrir un panel de solutions d’hébergement, intermédiaires entre le domicile et la maison de repos et de soins, pour répondre aux différents niveaux de dépendance et aux souhaits de chacun.

a)   Promouvoir le logement intergénérationnel

Afin de permettre aux aînés de vivre mieux, en autonomie et en lien avec les autres, le cdH souhaite promouvoir le logement intergénérationnel en développant :

· l’habitat kangourou pour faciliter la cohabitation et les services mutuels entre jeunes et aînés, à l’intérieur d’un logement ou en extension à un logement existant ;
· les coopératives immobilières intergénérationnelles pour que les aînés puissent emménager dans un logement adapté, avec des soins à domicile, dans un milieu de vie intergénérationnel, à un coût limité et avec la possibilité de transmettre leur capital immobilier à leurs enfants ;
. des colocations intergénérationnelles « à projets », avec un engagement associatif et des colocataires issus de différentes générations.

b)   Multiplier les structures intermédiaires de proximité

Pour le cdH, il est essentiel de promouvoir les structures intermédiaires de proximité : les centres d’accueil de jour/soirée/nuit, les centres de soins de jour, les courts-séjours, les résidences services, les centres de revalidation, mieux réparties géographiquement, avec une attention particulière pour les besoins en milieu rural. Le nombre de places dans ce type de structure doit être augmenté.

4. Développer l’intergénérationnel en maison de repos

Pour le cdH, il faut y intégrer un cadre de vie intergénérationnel, dans des quartiers mixtes, avec des lieux de rencontre, des activités communes aux jeunes et aux aînés ainsi qu’en y incorporant des crèches. Les maisons de repos doivent être pleinement intégrées à la vie collective !

Pour le cdH, il est essentiel de promouvoir le développement de maisons de repos à un prix accessible afin d’éviter le développement d’une prise en charge à deux vitesses (des maisons de repos commerciales d’un côté, celles dépendant du CPAS de l’autre) dont le grand perdant serait la classe moyenne.

5. Soutenir les métiers du cœur et du secteur des services aux personnes : les aides-familiales, les aides-soignants, les infirmières à domicile…

Le développement d’une assurance autonomie telle que proposée par le cdH permettra d’assurer un financement du secteur. Par ailleurs, le cdH souhaite également créer 21.000 emplois dans le secteur non-marchand grâce à la réduction du coût du travail et le renforcement du Maribel social.

Pour que la qualité du service soit garantie et afin de favoriser l’attractivité de ces métiers cruciaux dans les années à venir, le cdH souhaite reconnaître la pénibilité du métier d’infirmier ou d’aide-soignant et être attentif aux risques professionnels dans ces métiers.

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Ces 5 axes d’action se renforcent mutuellement et forment une réponse globale à apporter pour favoriser un allongement de la vie de qualité. Pour le cdH, il est essentiel de mettre ces réformes en œuvre afin de soutenir les familles et les aînés et, ensemble, de vivre mieux. C’est possible !