Donner du souffle à la relance européenne

Posté le 11 Mai 2015 dans Les Communiqués , Europe


La nécessité de dynamiser l’économie européenne ne fait aucun doute. Le Plan de relance établi par la nouvelle Commission européenne vise à répondre à ce besoin en stimulant la croissance et l’emploi par les investissements. Mais il est indispensable  de déterminer le type d’investissements porteurs afin de poser le choix du développement économique, social, environnemental et humain que nous souhaitons pour l’Europe.


Alors que l’économie européenne fait l’objet de toutes les attentions, Claude Rolin et le CEPESS – Centre d’études politiques, économiques et sociales du cdH – organisent ce jour une après-midi d’étude consacrée au Plan de relance initié par la Commission européenne et à ses perspectives.

En marge de la journée de l’Europe du 9 mai, l’événement prend place dans un lieu porteur des valeurs de dialogue social et d’implication de la société civile, le Comité économique et social européen. Les invités sont venus en nombre pour écouter les analyses et échanger avec des experts de l’économie européenne[1]. L’occasion d’aborder sous différents angles le déficit d’investissement dont souffre l’Europe et la volonté de changer de cap dès maintenant pour relever les nombreux défis socio-économiques auxquels sont confrontés les citoyens.

Estimé à plus de 300 milliards d’euros, le manque d’investissement pénalise lourdement le potentiel de croissance et grève le redéploiement européen. Ce sont en effet les investissements réalisés aujourd’hui, tant par le secteur privé que par les autorités publiques, qui déterminent la capacité de faire croître les activités demain.

L’étude et les échanges menés ce jour et ces derniers mois avec le CEPESS et des acteurs de premier rang du secteur économique permettent d’identifier trois piliers sur lesquels fonder la relance européenne : les investissements, l’innovation (en particulier au travers de l’éducation et de la recherche) et la régulation du marché intérieur. Comme trois pièces d’un même rouage, la relance des investissements dans des secteurs-clés doit s’appuyer sur une politique forte d’innovation capable de renforcer le leadership dans ces domaines à haute valeur ajoutée, tout en renforçant la contribution des acteurs privés par une plus grande harmonisation et régulation au niveau européen.

Cette stratégie que défend le cdH au niveau européen cible trois secteurs-clés, où il serait judicieux et bénéfique d’investir en priorité : l’économie numérique, le transport et l’énergie. Trois secteurs dans lesquels l’Europe disposait d’une longueur d’avance avant d’être rattrapée progressivement puis dépassée par ses concurrents d’autres parties du monde.

Présentes dans de nombreux domaines, l’économie numérique est essentielle et représente une source majeure d’amélioration de la productivité. Ensuite, les secteurs du transport et de l’énergie constituent le noyau initial de la construction européenne et sont surtout déterminants pour le type de croissance socialement régulée que nous souhaitons pour l’avenir, tant en Europe que dans le monde.

Faire émerger l’Europe comme leader dans ces secteurs-clés représente non seulement un enjeu essentiel pour l’avenir de l’économie, mais offre surtout l’opportunité d’améliorer la qualité de vie des citoyens européens.

En mobilisant les investisseurs privés au départ d’un budget identifié au niveau européen, le Plan Juncker se veut un projet ambitieux. Il aurait d’ailleurs mérité un apport d’argent public supplémentaire, plutôt que la mobilisation d’enveloppes budgétaires existantes. Aussi, Claude Rolin et le cdH seront particulièrement attentifs aux conclusions du Conseil "Affaires économiques et Financières", prévu ce mardi 12 mai, car il a précisément pour objet de faire le point sur les négociations entre le Conseil et le Parlement européen concernant le Fonds européen pour les investissements stratégiques prévu dans le Plan Juncker.

S'il est essentiel de miser sur la capacité des États membres à proposer des projets d’envergure, il est tout aussi primordial d’écarter la contrainte européenne en matière de monitoring budgétaire qui pèse sur ces États, notamment en révisant les normes comptables afin de distinguer dépenses courantes et investissements.

En orientant l’investissement européen dans les secteurs les plus porteurs et en l’accompagnant d’une vision à long terme, la voie s’ouvre pour une relance européenne fructueuse sur le plan économique. Une stratégie de relance concrète dont les premiers bénéficiaires seront les citoyens européens.



[1] Sous l’invitation de Claude ROLIN et Antoine de BORMAN, Directeur du CEPESS (Centre d’Études du cdH) ; avec la participation de Henri MALOSSE, Président du Comité économique et social européen, Philippe MAYSTADT, ancien Président de la Banque européenne d'investissement, Baudouin REGOUT, Policy Officer, Coordination politiques économiques et Semestre européen, Commission Européenne, Ronald JANSSEN, Conseiller, Confédération européenne des syndicats, Roland GILLET, Professeur de finance à la Sorbonne et à l'ULB-Solvay, Jean-François LEBRUN, Conseiller, DG Emploi et Affaires sociales, détaché DG Trésor, Bercy, Joëlle MILQUET, vice-Présidente de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Ministre de l'Éducation, de la Culture et de l'Enfance, Georges DASSIS, Président du Groupe des travailleurs, Comité économique et social européen, et Vanessa MATZ, députée fédérale du cdH.