« Minerais des conflits » : Georges Dallemagne et Claude Rolin plaident pour un règlement ambitieux et contraignant

Posté le 18 Mai 2015 dans Les Communiqués , National , Europe


La proposition de résolution de Georges Dallemagne, Député fédéral, relative à l'importation responsable d'étain, de tungstène, de tantale et d'or (dits "minerais des conflits") sur le marché européen sera prochainement examinée à la Chambre. Le Député européen, Claude Rolin s’associe à la démarche et défendra une position identique au sein de l’hémicycle européen.


Les Députés humanistes, bien qu’ils saluent l’existence d’une proposition de règlement de la Commission européenne, demandent à la Belgique de revendiquer au niveau du Conseil de l’Union européenne un texte plus ambitieux que celui voté, le 14 avril dernier, par la Commission du Commerce International du Parlement européen.

Georges Dallemagne suit depuis longtemps ce dossier et est l’auteur de plusieurs textes notamment sur le pillage des ressources du Congo ou encore le renforcement du processus de Kimberley. Il voit, dans la proposition votée, 4 lacunes majeures :

  • sa liste limitative des métaux concernés qu’il faudrait pouvoir étendre selon les évolutions sur le terrain
  • son application aux seuls importateurs et courtiers, alors qu’il conviendrait d’élargir sa portée à l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement (hors PME), y compris les entreprises importatrices de produits intégrant ces métaux
  • son caractère volontaire et non contraignant,
  • l’absence d’un mécanisme de sanctions en cas d’infractions

Le Député européen Claude Rolin s’associe à la demande de Georges Dallemagne et votera, en séance plénière du Parlement européen, le 20 mai, en faveur d’un texte allant un pas plus loin que celui proposé actuellement.

Pour rappel, l’étain, le tungstène, le tantale (les “trois t”) et l’or sont des métaux particulièrement demandés, qui aboutissent notamment dans les téléphones portables, les ordinateurs, les ampoules, les réfrigérateurs, etc.

Cependant, les conséquences de leur exploitation sont multiples. Force est de constater qu’il existe des liens étroits entre l’exploitation non réglementée de ces minerais et de nombreuses violations des droits humains.

40 % des conflits civils ayant eu lieu depuis 1950 sont liés aux ressources naturelles. De nombreux groupes armés de par le monde luttent pour contrôler ces ressources très lucratives. Plusieurs voix, dont celles de 33 ONG et du Docteur Mukwege, se sont d’ailleurs élevées récemment afin de demander au Parlement européen un geste fort.

Les motifs de ces conflits sont certes multiples et l’exploitation des “trois t” et de l’or n’en est pas la cause première. Néanmoins, les retombées financières qui en découlent permettent à ces groupes de perdurer et par là même d’alimenter la violence dans ces zones d’exploitation.