L’acier doit redevenir le fer de lance de l’industrie européenne.

Posté le 10 Novembre 2015 dans Les Communiqués , Europe


Alors que se tient ce jour une session extraordinaire du Conseil « Compétitivité », Claude Rolin, député européen, tient à rappeler l’importance à accorder au secteur sidérurgique, afin de préserver l’emploi, d’assurer la relance économique et de garantir que l’industrie sidérurgique européenne reste compétitive à l’échelle mondiale.


Claude Rolin se réjouit que la Présidence luxembourgeoise du Conseil de l’Union européenne ait fait de la politique industrielle une priorité et que le Conseil « Compétitivité » se penche en urgence sur l’évolution du secteur sidérurgique. L’Union européenne est actuellement le second plus grand producteur d’acier. Ce secteur emploie 360.000 travailleurs directs et assure 11% de la production mondiale d’acier grâce à plus de 500 sites sidérurgiques (contre 22% en 2001).

Cependant, la crise économique a placé ce marché face à de nouveaux défis, en raison de l’augmentation du coût des matières premières et de la diminution de la demande.

Il convient d’intensifier les travaux relatifs au plan d’action proposé par la Commission en juin 2013, afin de résister à la concurrence grandissante provenant essentiellement de Chine et de Russie, qui recourent régulièrement à des restrictions commerciales en vue d’avantager leur industrie.

Les récentes importations d’acier bon marché ont grevé le marché européen, faisant chuter les prix, et entrainant des fermetures d’aciérie, notamment au Royaume Uni, alors que les importations chinoises ont augmenté de 100% en moins de deux ans.

Claude Rolin s’inquiète de l’incidence du statut d’économie de marché qui pourrait être accordé à la Chine et de l’impossibilité conséquente de mettre en place des instruments de défense commerciale. De plus, l'Union européenne définit 5 critères qui doivent être respectés pour qu'un pays soit considéré comme une «économie de marché». Or, selon un rapport de la Commission publié en 2011, et des analyses datant de 2014, la Chine ne respecte qu'un seul de ces critères.

Il est nécessaire d’imposer la réciprocité dans les relations commerciales entre l'Union européenne et ses partenaires et de promouvoir le "Made in Europe" au niveau des productions industrielles grâce à des politiques commerciales, économiques et douanières de l’Union européenne (également lors de la conception ou de l’assemblage final).

Claude Rolin plaide également pour l’instauration d’une taxe carbone mondiale, qui oblige toute entreprise désireuse de vendre ses produits sur un marché donné, à se conformer aux mêmes procédures et exigences. Dans le cas où cette taxe s’appliquerait uniquement aux producteurs européens, elle engendrerait une distorsion du marché, et mettrait à nouveau le marché européen sous pression.

Les échanges de ce jour devront assurément alimenter la prochaine session du Conseil des Affaires étrangères dédié au commerce, prévue le 27 novembre prochain et il est souhaitable que se tienne une nouvelle réunion du groupe de haut niveau sur l’acier réunissant la Commission, les Ministres compétents, ainsi que les représentants patronaux et syndicaux.

L’Union européenne doit garantir la compétitivité globale de l’économie, dans le respect des critères environnementaux, et intensifier ses efforts de restructuration et d’innovation au sein du secteur sidérurgique. La montée en puissance de nouveaux acteurs mondiaux, conjuguée à la crise économique, incite l’Europe à redéfinir au plus vite une stratégie industrielle intégrée, coordonnée et innovante. Il convient également de s’assurer que les synergies et les articulations adéquates soient mises en œuvre entre les politiques industrielles et chacune des autres politiques européennes (par exemple, les politiques de cohésion, de la concurrence, de l’énergie, du marché intérieur, du commerce international, etc.). Près de 3 millions d’emplois industriels ont été supprimés entre 2008 et 2012 dans l’Union européenne. L’hémorragie doit cesser et l'Union européenne doit mettre en place une base industrielle forte, synonyme de croissance et d’emplois, pour assurer la pérennité de notre économie.