Allocations familiales: Un enjeu fondamental qui vaut mieux que des déclarations simplistes

Posté le 20 Janvier 2016 dans Les Communiqués , Région Wallonne


Maxime PREVOT, Ministre wallon de la Santé et de l’Action sociale s’étonne des déclarations du Député wallon Pierre-Yves JEHOLET, en particulier la légèreté avec laquelle il aborde cet enjeu fondamental.


Parmi les politiques de sécurité sociale, les allocations familiales tiennent une place essentielle. Elles sont indispensables dans la lutte contre la pauvreté des familles en particulier pour les familles monoparentales.

Le Ministre Maxime PREVOT rappelle au Député quelques informations utiles à sa bonne compréhension du dossier, données qu’il aurait pu recevoir s’il avait interrogé le Ministre au Parlement wallon sur le sujet :

1. Au niveau du timing, les allocations familiales seront transférées au plus tard le 31 décembre 2019 conformément à la 6ème Réforme de l’Etat. Il est impératif de s’assurer dans ce dossier qu’aucune famille ne soit pénalisée par le transfert. La Wallonie prépare activement l’accueil de cette compétence avec les autres niveaux de pouvoirs (accords de coopération, …).

2. En Wallonie, les conditions de l’accueil de ces compétences sont d’ores et déjà en ordre de marche avec la mise en place de l’AViQ, l’Agence pour une Vie de Qualité, et la constitution, en voie de finalisation, du comité de gestion wallon des allocations familiales. La Wallonie est la seule entité a avoir déjà mis en place des instances de gestion des allocations familiales ! On est donc loin d’être passif ou en retard …

3. Le système de droits des allocations familiales actuelles est particulièrement complexe et peu lisible en termes de droits individuels avec plus de 700 combinaisons possibles de montants accordés. Tout le monde s’accorde sur la nécessité de le réformer. La Wallonie a donc lancé un marché avec une société d’étude indépendante afin de proposer un modèle alternatif. Les résultats sont attendus pour l’été 2016 et permettront d’avoir un débat démocratique et éclairé au Parlement wallon. Le bureau chargé de cette étude a prévu dans sa méthodologie d’interroger les premiers acteurs concernés par  la politique des allocations familiales : les associations représentant les familles, les caisses d’allocations familiales, les associations de lutte contre la pauvreté, les acteurs de la petite enfance ou de l’enseignement, … C’est probablement cette complexité de la réforme à envisager qui n’a pas permis au MR de faire une nouvelle proposition technique de réponse au secteur, au-delà de quelques saillies verbales.

Par ailleurs, concernant la seule proposition avancée par le député MR dans sa déclaration - la sanction des parents pour le comportement de leurs enfants -, le Député wallon propose de retirer le droit aux allocations familiales pour les parents dont les enfants brossent l’école. Ce type de proposition parait simple et facile à concrétiser mais il s’agit surtout d’une fausse bonne idée, contraire au droit de sécurité sociale et qui, après analyse, est contre-productive en termes d’éducation et de responsabilisation comme cela a pu être constaté en France qui a fait marche arrière en la matière après avoir expérimenté infructueusement la mesure. Ce n’est pas par le biais de la suppression des allocations familiales que l’on règlera le problème de l’absentéisme à l’école.

De plus, la proposition de Pierre-Yves JEHOLET entrainerait des dépenses administratives colossales et des difficultés de gestion importantes. Avant de faire sa proposition s’est-il bien rendu compte que cela allait engendrer une gestion kafkaïenne dans les écoles, dans les caisses d’allocations familiales et l’administration ?

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Pour le Ministre Maxime PREVOT, les allocations familiales constituent un droit inconditionnel et visent, notamment, à lutter contre la pauvreté des familles. Ceci ne peut être remis en question ni maintenant, ni demain avec un nouveau modèle. Ce sont bien davantage les enjeux d’égalité de traitement entre les enfants (un enfant = un enfant), le soutien aux familles monoparentales, la prise en compte du  handicap ou de la maladie de l’enfant qui doivent, entre autres, constituer la colonne vertébrale de cette réforme !