Migration : l’Union doit endosser sa responsabilité collective

Posté le 7 Mars 2016 dans Les Communiqués , Europe


À l’heure où des milliers de personnes – hommes, femmes et enfants – luttent pour se frayer un chemin vers une vie meilleure, l’Union européenne discute des endroits où poser les barrières. Cette attitude va non seulement à l’encontre du bon sens, car le problème de l’asile ne pourra disparaitre derrière les murs, mais elle contrevient aussi aux valeurs de solidarité et de responsabilité commune qui fondent le projet européen.


Lors du double Sommet européen extraordinaire consacré à la crise des réfugiés et de la migration, et aux discussions avec la Turquie, qui se déroule ce jour à Bruxelles, il serait question de barrer la route aux migrants sillonnant les Balkans occidentaux, comme relayé dans les colonnes du journal Le Soir. En dépit d’une indispensable politique d’asile commune et proactive, l’Union européenne semble se recroqueviller en urgence, alors qu’elle sera confrontée dès demain à une nouvelle route migratoire. Actuellement, pas moins de 30.000 personnes sont coincées au Nord de la Grèce dans des conditions déplorables et ce nombre pourrait tripler dans le mois, faisant peser sur ce seul État membre une crise humanitaire d’ordre mondial.

Pour Claude Rolin, député européen, il est indispensable que l’Union européenne vienne en aide de façon substantielle aux États bordant la zone Schengen et accueillant les migrants en premier lieu, et réorganise les admissions de réfugiés sur l’ensemble du territoire européen. En outre, il est inacceptable que des États membres bénéficient des avantages de l’espace européen et remettent en cause les accords, tournant le dos à la solidarité en matière d’asile et de migration. La construction européenne s’est bâtie au fil de crises, mais la gestion commune est aujourd’hui menacée par des volontés nationales égoïstes.

Face à l’enjeu global de l’asile, la responsabilité est mondiale, c’est pourquoi Claude Rolin plaide pour l’instauration internationale de corridors humanitaires. Aux frontières de l’Union, la Turquie est en position d’agir concrètement, avec la coopération européenne, mais elle ne constitue en aucun cas une solution à long terme. Par ailleurs, Ankara ne peut décemment exiger un assouplissement des conditions d’adhésion, alors que dans le même temps, le pouvoir turc durcit le ton sur les questions démocratiques.

En qualité d’acteur mondial, l’Union européenne – ses États membres et leurs dirigeants – doit faire preuve d’humanité, de bon sens, et reprendre le contrôle des flux migratoires dans une approche globale et réaliste. Au désespoir de millions d’individus, il serait irresponsable d’opposer la désunion européenne.