La lutte contre la pauvreté doit être au centre de l'action européenne

Posté le 14 Avril 2016 dans Les Communiqués , Europe


Le Parlement européen a voté ce jour le rapport visant à "Remplir l'objectif de lutte contre la pauvreté dans le contexte de l'augmentation des coûts des ménages", dont Claude Rolin est le rapporteur pour le groupe PPE.


La lutte contre la pauvreté, est multifactorielle et nécessite une approche globale. Les outils principaux dans cette lutte sont le développement de l’emploi et la garantie d’un revenu permettant de vivre décemment. L'UE européenne s'est fixé comme objectif de réduire d'au-moins 20 millions le nombre de personnes touchées ou menacées par la pauvreté et l'exclusion sociale. Or, les objectifs d’UE 2020 sont loin d’être atteints aujourd'hui. Si l’Union européenne veut mériter son "triple A social", il nous faut dès à présent inverser cette tendance.

Les ménages les moins favorisés sont particulièrement impactés par les différents types de coûts. Ceux-ci concernent, pour l'essentiel, l’énergie, le logement, l’alimentation, les soins de santé et les services publics. Ce rapport d’initiative dont nous attendons que la Commission et les Etats membres - compétents en la matière - prennent la pleine mesure se concentre comme suit sur différents axes:

En matière d'emploi:

  • Garantir un revenu supérieur au seuil de pauvreté. Claude Rolin plaide pour la mise en place d'un revenu minimum européen au niveau des Etats membres et regrette qu'une  majorité de députés n'aient pas voté en ce sens aujourd’hui;
  • Lutter contre l'emploi précaire. Sans revenu régulier et sûr, les ménages ne sont pas en mesure d'établir et de planifier un budget;
  • Mettre fin à l'écart salarial inacceptable entre hommes et femmes au sein de l'Union européenne. Cet écart atteint actuellement 16% et s'élève à 39% en ce qui concerne les pensions;
  • Prolonger le Fonds européen d'aide aux plus démunis de la Commission, avec le concours des Etats membres qui s'en font le relais, au-delà de la programmation 2014-2020. 

En matière de logement:

  • Faciliter l'accès au logement social, car il s'agit là du poste de dépense le plus important;
  • Accroître les investissements augmentant l'efficacité énergétique de logements sociaux locatifs au moyen de fonds européens;
  • Accorder aux ménages à faibles revenus des microcrédits et des prêts sans intérêt ou à taux peu élevé afin de leur permettre de faire les investissements nécessaires à l'amélioration de leurs conditions de vie (exemple: diminution des dépenses énergétiques);
  • Etablir un moratoire, signé par les Etats membres, sur les coupures de chauffage en hiver de façon à garantir qu'aucun ménage ne puisse être privé d'énergie en période de grand froid.

En matière de services publics :

  • Faciliter l'accès aux services publics pour les ménages à faibles revenus ou en situation de précarité en établissant des tarifs préférentiels.

La fourniture de services de protection sociale permet de réduire de 35% le risque de pauvreté dans l'UE. Il faut refuser de sacrifier cette politique importante sous couvert de la crise et de coupes budgétaires mal ciblées.

Pour résoudre les problèmes d'inégalités en matière d'accès aux soins, les Etats membres doivent prendre des mesures avec effets directs sur la vie quotidienne, par exemple en rendant abordables les services tels que la dentisterie, ou l’ophtalmologie. 

Remplir l'objectif de lutte contre la pauvreté est tant un défi qu'une nécessité pour atteindre "le triple A social" européen annoncé par le Président de la Commission. La lutte contre la pauvreté

et l'exclusion sociale est l'un des cinq objectifs de la stratégie Europe 2020, or le nombre de personnes menacées de pauvreté ou d'exclusion sociale dans l’UE est passé de 117 millions à 122,6 millions entre 2008 et 2013. La Commission et les Etats membres doivent prendre ce combat à bras le corps, en tenant compte des spécificités des catégories de population particulièrement touchées par la précarité, comme les jeunes, les plus âgés, ou les femmes. Claude Rolin suggère la tenue d'un Sommet européen consacré à la réduction de la pauvreté et à l’exclusion sociale et insiste pour que la Commission fasse des recommandations concrètes et ambitieuses aux Etats membres dans le cadre du semestre européen.