L'exception agricole : pour la ruralité, les agriculteurs et consommateurs

Posté le 22 Juillet 2016 dans Les Communiqués , National


Ce vendredi 22 juillet, en ouverture de la Foire agricole de Libramont, le Président du cdH, Benoit LUTGEN a exprimé le triple engagement du cdH pour la ruralité et l'agriculture.


Les agriculteurs n'ont pas besoin d'un baxter financier mais d'un projet fort et durable, impliquant une régulation des marchés et offrant des perspectives à long terme aux hommes et aux femmes qui, somme toute, nourrissent la population, ni plus ni moins.

1.     Au niveau européen, le cdH poursuit plus que jamais son action pour que l'Europe se construise enfin sur un modèle respectueux de l'homme et de la nature, débarrassé de ses chimères libérales :

- Dans sa politique intérieure comme en matière de commerce international, le cdH exige l'instauration d'une exception agricole qui protège la qualité de ses produits, l'excellence de ses agriculteurs et la santé des consommateurs.

Tout comme pour la culture, l’affirmation de l’exception agricole permet de reconnaître que les produits agricoles et agro-alimentaires ne peuvent être traités comme ayant exclusivement une valeur commerciale. Les produits agricoles ont également valeur d’identité, conditionnent la vitalité des sociétés rurales et influencent tant la santé que l’environnement... L'exception agricole poursuit dès lors un triple objectif : la sécurité alimentaire, le développement de l’emploi, la sauvegarde de la vie et des sociétés rurales et la protection de la nature et de la biodiversité.

Avec ou sans le Royaume-Uni, le TTIP n'est pas acceptable sans participation des citoyens et sans transparence complète sur son contenu. Il n'est pas acceptable de laisser entrer sur le territoire européen des produits qui ne respectent pas les valeurs sociales, environnementales, entrepreneuriales et humaines qui fondent l'Europe.

- Depuis 2003, le cdH s'est opposé à la suppression des quotas laitiers et ses conséquences destructrices pour notre modèle d'agriculture familiale et humaine ; il demande une régulation obligatoire pour tous les Etats membres, plutôt que le système libéral qui abandonne la régulation au marché et subsidie les réductions volontaires de production.

Soutenir notre agriculture, c’est soutenir chaque producteur mais aussi chaque citoyen puisqu'ils sont tous aussi des consommateurs. La sécurité alimentaire est indispensable pour la pleine réalisation des Droits de l’homme et le respect des libertés fondamentales. Il n’y a aucune liberté sans accès à une alimentation saine.

2.     Au niveau fédéral également : en ne soutenant pas l'exception agricole et en ne portant pas cette demande au niveau européen, le gouvernement MR-NVA montre simplement qu'il souscrit pleinement au modèle ultralibéral qui est destructeur. Ils préfèrent laisser faire le marché et maintenir les agriculteurs sous perfusion financière plutôt que de réguler le marché et de leur rendre la liberté de développer une agriculture de qualité selon les valeurs européennes.

Le cdH demande au gouvernement fédéral d'avoir l'audace de résister au chant des sirènes et de renoncer à toutes ces mesures qui nuisent aux petits producteurs.

L'agriculture est un secteur économique à part entière qui recèle, pour autant qu'on veuille bien lui réserver un avenir, des gisements d'emplois nouveaux, de proximité, non délocalisable et donc une plus-value sociale importante.

Ce modèle nous pouvons le renouveler et amplifier son exportation : il faut oser le défendre sur la scène internationale.

Par ailleurs, le cdH continue de proposer avec force des alternatives aux initiatives fédérales qui affaiblissent et pénalisent la ruralité (suppression de gares, ralentissement des investissements en infrastructure, diminution du nombre de justices de paix, délais d'intervention des services de secours et de sécurité, manque d'ambition en matière de transition numérique sur tout le territoire, etc.).

3.     Au niveau régional bien sûr, ou l'ensemble des mandataires du cdH sont mobilisés pour :

- Investir dans les zones rurales. Le ministre wallon de l’Agriculture, René Collin a obtenu un renforcement des budgets pour la ruralité – plus de 650 millions d'euros dégagés dans le cadre du PWDR –, a accéléré les protection de notre patrimoine naturel (240 zones Natura 2000 en voie de désignation).

- Défendre une agriculture de qualité :

o      Soutenir financièrement les secteurs éprouvés par l'absence de régulation européenne : aide à la reconversion et à la promotion, allègement des charges, solutions de trésorerie, négociations avec les distributeurs.

o      Valoriser les produits de l'agriculture : création de 18 nouveaux halls-relais agricoles, doublement du montant des primes à la valorisation dans les secteurs viandeux et laitiers.

En Wallonie, nous travaillons à la mise en place de solutions et de politiques qui dopent l’emploi et l’économie rurale et ouvrent l'avenir de nos agriculteurs.

Benoit LUTGEN s'est ainsi adressé à près d’un millier de mandataires et militants réunis pour le 15ème petit-déjeuner du cdH à la Foire de Libramont : « Notre pays a besoin d'un puissant sursaut. De nombreuses initiatives économiques, sociales, culturelles préparent ce nouveau modèle de société. L'agriculture et la ruralité doivent pouvoir y participer pleinement. Elles font pleinement partie des forces que la Wallonie doit mobiliser pour réussir son développement à long terme. Comme ces milliers de Belges souvent discrets – instituteurs, artisans, entrepreneurs, ouvriers et employés, éducateurs, agents de quartier, fonctionnaires, etc. qui préparent l'avenir, les agriculteurs allument par le travail patient et courageux, ces lumières dont la Belgique a besoin pour éclairer son avenir. »