Privatisation de Belfius : le court-termisme du Gouvernement nuit à la relance des investissements

Posté le 23 Avril 2017 dans Les Communiqués , National


Le cdH a pris connaissance des intentions du Gouvernement fédéral de procéder à une privatisation partielle de Belfius. 


Au-delà d’un manque de vision et d’ambition interpellant, la politique du court-termisme affichée par la majorité MR/N-VA suscite de nombreuses craintes.  

Dès janvier 2015, le cdH s’était exprimé en faveur du maintien de Belfius dans le giron public, par le dépôt et le vote d’une résolution sur ce sujet par André ANTOINE, Président du Parlement de Wallonie, et de Dimitri FOURNY, chef de groupe.

La privatisation de cette banque aujourd’hui publique pourrait être lourde de conséquences pour les communes. La nouvelle structure actionnariale porte en effet le risque d’une modification de la stratégie et des activités de la banque, en particulier en ce qui concerne son soutien aux entités locales (financier mais également technique).

Actuellement, Belfius est la principale source de financement des communes, en particulier au Sud du pays. Or les communes constituent la première source d’investissements publics. Donc, d’une part le Gouvernement fédéral indique qu’il souhaite relancer les investissements mais d’autre part il limite la capacité des principaux investisseurs publics à trouver des sources de financement.

Cette opération est d’autant plus surprenante que, depuis l’année 2016, les dividendes versés par Belfius atteignent 500 millions d’euros par an. De plus, le Gouvernement fédéral a reporté l’atteinte de l’équilibre budgétaire à 2019, voire au-delà. Il n’y a donc pas de nécessité budgétaire de procéder à cette vente des participations publiques aujourd’hui. Par sa vision de court-terme, ce sont les recettes pour le futur qui sont amputées.

Enfin, alors que le conseil d’administration de Belfius insiste sur l’ancrage de ses activités en Belgique, le cdH note que cet ancrage sera inévitablement fragilisé par cette introduction en bourse, dès lors qu’il n’y aura plus de garantie quant au lien de l’actionnaire avec l’activité en Belgique.

Pour le cdH, la vente de la participation de l’Etat belge dans Belfius est inopportune, pénalise les communes (en particulier du Sud du pays), nuit aux investissements et intervient à contretemps. Il demande au Gouvernement fédéral de revenir sur ses intentions.