Expériences-pilotes "parcours adaptés et différenciés au sein du premier degré commun": faisons le point.

Posté le 20 Avril 2012 dans Les Communiqués , Fédé Wallonie-Bruxelles , Enseignement/Famille


En mai 2011, la Ministre de l’Enseignement obligatoire et de Promotion sociale de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Marie-Dominique SIMONET, a lancé un appel à projets invitant les écoles à proposer des aménagements de parcours d’élèves au sein du premier degré commun de l’enseignement secondaire.  Objectif : développer des parcours différenciés, individualisés et adaptés aux différents profils d’élèves, afin de promouvoir une évolution positive du parcours scolaire de l’élève et favoriser ainsi sa réussite.


Sur 40 projets reçus, 19 ont été sélectionnés avant la rentrée scolaire 2011-2012. Ils sont accompagnés dans le cadre d’une collaboration entre une équipe de chercheurs des Facultés Universitaires Notre Dame de la Paix (FUNDP), le Service général du Pilotage, le Service de l’Inspection, la Direction générale de l’Administration de l’Enseignement obligatoire et le cabinet de la Ministre. Les projets ont donc le statut d’expérience-pilote pour deux années scolaires consécutives (2011-2012 et 2012-2013). Ces 19 expériences-pilotes feront à terme l’objet d’une évaluation. Il s’agira ensuite de les transformer en pratiques transposables et de les diffuser vers d’autres établissements. Le cas échéant, ces expériences-pilotes pourraient également entraîner des ajustements du décret du 30 juin 2006 organisant le 1er degré.  

Dans le cadre de l’accompagnement de ces expériences-pilotes, la Ministre a participé ce vendredi 20 avril 2012 à une séance plénière d’intervision des projets « premier degré », à Namur, en présence des équipes pédagogiques impliquées dans ces expériences-pilotes et venues apporter leur témoignage sur l’état d’avancement de leur projet.

Pour la Ministre, ces expériences-pilotes sont fondamentales. Elles permettent de susciter, d’encourager, de reconnaitre des démarches conçues par des praticiens en fonction de leur contexte particulier : celui d’une implantation dans un environnement particulier, celui d’un public scolaire spécifique, celui d’un projet d’établissement lié à son histoire, à ses traditions, à ses ressources et à ses défis, ou encore celui d’une dynamique collective ou plus individuelle née dans ce contexte donné. Partant de ces expériences, il s’agira de réaliser un travail d’articulation entre réalités locales et cohérences globales.

A la lumière des témoignages, la Ministre a d’ailleurs d’ores et déjà souligné plusieurs points sur lesquels  des modifications décrétales pourraient s’avérer pertinentes :

-          l’utilisation du plan individualisé des apprentissages (PIA),
-          la diversification des activités complémentaires et la souplesse de leur combinaison,
-          l’adaptation possible de la grille des élèves en cours d’année à partir des observations du conseil de classe et sur la base d’un PIA,
-          la possibilité d’un enseignement en binômes durant certaines heures de la formation commune afin de faciliter la différenciation,
-          le recours au coaching pour des élèves dont le profil est plus fragile,
-          la possibilité de stages d’immersion dans l’enseignement qualifiant pour aider des élèves à construire un projet d’orientation positive,
-          le renforcement de l’orthopédagogie pour des élèves souffrant de troubles de l’apprentissage,
-          la possibilité d’adaptation du temps scolaire comme dans les expériences de périodes de 45 minutes (organisées en bloc de 90 minutes), permettant de dégager une plage horaire d’environ 2h30 pour des activités diversifiées selon les besoins des élèves,
-          la porosité entre premier degré différencié et le premier degré commun.

Ces expériences-pilotes au sein du premier degré commun s’inscrivent dans le cadre plus large de la lutte contre l’échec scolaire, de la promotion de la réussite et du mieux-être à l’école, en faveur desquels la Ministre a récemment mis en place un ensemble de mesures cohérentes. Celles-ci s’inscrivent toutes dans la même méthodologie : insuffler des dynamiques, faire émerger des projets innovants, accompagner des expériences-pilotes et ajuster les textes décrétaux pour pérenniser les meilleurs dispositifs.

Parmi ces mesures, il convient notamment de citer : la réforme de l’enseignement qualifiant via l’introduction de la Certification Par Unités d’apprentissage (CPU), qui en se fondant sur la culture de la « valorisation des acquis » plutôt que sur la culture de la « sanction des échecs » lutte contre l’échec scolaire ; le plan « décolâge ! », une nouvelle dynamique pédagogique mise en place dans l’enseignement fondamental en vue de réduire le redoublement et prônant une utilisation progressive des moyens dégagés par l’abandon du redoublement pour permettre le renforcement de l’encadrement sous toutes ses formes et la mise en place de projets innovants ; ou encore des actions transversales telles que  la mise en place des « cellules bien-être »,  afin de favoriser les conditions d’un bon climat d’école propice aux apprentissages, et le « plan dyslexie » destiné à mieux outiller les enseignants en vue de déceler les troubles de l’apprentissage.