Conseil européen des Ministres de l'Emploi

Posté le 1 Décembre 2011 dans Les Communiqués , National , Europe , Emploi/Economie


A l’occasion du Conseil des ministres européens de l’Emploi de ce jour, la Vice-Première ministre et ministre de l’Emploi, Joëlle Milquet, a défendu les positions fortes suivantes :


A/ Priorité aux politiques de l’emploi et à l’implication des ministres de l’Emploi dans les politiques et la gouvernance économique européenne

La ministre de l’Emploi a demandé que le Conseil des ministres de l’Emploi envoie le double message clair suivant au Conseil européen du 9 décembre :

1. Besoin de politiques de relance et d’emploi au-delà des politiques d’austérité, tant au niveau européen qu’aux niveaux nationaux

La ministre, suivie par plusieurs ministres, a redit combien, au-delà des mesures d’austérité, des mesures de relance et d’emploi devaient être prises pour doper l’offre d’emploi (activation, formation, emploi des  jeunes, attractivité fiscale pour le travail, accompagnement des demandeurs d’emploi, soutien aux groupes cibles, mobilité, etc.) et la demande d’emploi (compétitivité, maîtrise des coûts salariaux, la création d’emplois verts et blancs). Ces mesures doivent impliquer des politiques nouvelles et des moyens ciblés à dégager.

2. Besoin d’une  implication des ministres de l’Emploi dans la nouvelle gouvernance économique européenne et en particulier au sein de la zone Euro

- Rappelant les travaux de la Présidence belge en la matière, qui avait pu imposer le Conseil EPSCO dans le Semestre européen, Joëlle Milquet a demandé que le Conseil EPSCO soit impliqué dans les nouvelles dispositions de la gouvernance économique renforcée, notamment dans le cadre du règlement relatif à la prévention et la correction des déséquilibres macroéconomiques. La préservation de la stabilité macro-économique ne peut être basée sur le seul renforcement des compétences des ministres des Finances, mais elle doit être également basée sur celles des ministres de l’Emploi, l’emploi constituant un élément-clé des politiques macro-économiques et ce, afin de permettre une approche plus efficace, plus équilibrée, et dotée d’une plus grande légitimité démocratique.

- La ministre a par ailleurs souligné que, dans le cadre d’éventuelles futures modifications du Traité, il fallait adapter les dispositifs du Traité pour ancrer la filière emploi dans les nouvelles dispositions de la gouvernance,et s’opposer à toute forme de subordination du titre IX du Traité, relatif à la Stratégie européenne pour l’emploi, à la coordination despolitiques économiques et budgétaires.

- Enfin, la ministre a plaidé pour le renforcement du rôle des ministres de l’Emploi au sein de la zone Euro et a suggéré à la fois une plus grande coordination avec l’Euro-groupe et la constitution d’un Euro-groupe des ministres de l’Emploi (Euro-EPSCO) afin d’assumer un rôle renforcé, notamment dans le monitoring et concernant les recommandations par pays.

B/ Maintenir à tout prix l’élargissement du Fonds d’ajustement à la mondialisation à la période de crise pour venir en aide aux travailleurs

La ministre s’est également battue contre l’opposition de certains Etats membres à la proposition de la Commission visant à prolonger pour 2012 l’utilisation de ce Fonds dans le cadre des périodes exceptionnelles de crise. Il s’agit du seul instrument actuel permettant d’intervenir financièrement pour soutenir les travailleurs licenciés suite aux restructurations liées non seulement à la mondialisation mais, exceptionnellement, jusqu’au 31 décembre, à la crise. C’est précisément  cette mesure que la Commission voulait, justement et légitimement, prolonger pour deux ans. La ministre de l’Emploi a rappelé que nous étions toujours en pleine crise économique et que la situation pouvait empirer en raison des politiques de rigueur et des perspectives sombres en matière de croissance. Le Fonds d’ajustement à la mondialisation est un instrument essentiel pour démontrer que l’Union européenne n’est pas uniquement un Marché Unique ou un organe de réformes économiques, mais qu’elle est aussi en mesure d’accompagner les travailleurs qui subissent les conséquences de crises économiques.

La Belgique a demandé que les travaux soient poursuivis malgré l’opposition de plusieurs délégations. La situation de crise économique et les conséquences de la globalisation nous imposent de préserver, à court et à long terme, un instrument de soutien européen pour les travailleurs qui sont victimes des restructurations, quels que soient la cause, la région ou l’emploi qu’ils perdent.

La Belgique a indiqué que les citoyens ne comprendraient pas – à juste titre – que l’Union européenne de demain ne soit plus aux côtés de ceux qui perdent leur emploi.