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Pour une société durable et humaine !

S’il y a une seule urgence à pointer, c’est celle de défendre l’humain ET son environnement, et de ne pas sauver l’un au détriment de l’autre. 

L’urgence environnementale et climatique nous touche tous. Nos besoins primaires sont mis à mal : pour respirer quand la qualité de l’air n’est pas satisfaisante, pour boire quand l’accès à l’eau est mis en péril, manger quand la malnutrition est le mal moderne. Plus que jamais, l’être humain se sent réduit à ce qu’il est : un être vivant qui ne pourra pas survivre s’il ne préserve pas son territoire. Il ne s’agit donc pas seulement de sauver « la Planète », « la biodiversité », « les générations futures », des idées plutôt abstraites, mais il s’agit aussi de nous sauver nous-mêmes, car nous sommes constitutifs de l’environnement.  

Or, paradoxalement et dans le même temps, le mouvement des « Gilets Jaunes » réclame une taxation moins forte sur les carburants fossiles. Folie ? Ces personnes ne mesurent-elles pas que l’énergie carbonée, intense émettrice de CO2 et de particules fines, nous conduit droit dans le mur ? On aurait trop vite fait de les juger, avec mépris, d’égoïstes voire d’idiots. On se perd alors dans un manichéisme binaire : les pour et les contre, les gentils et les méchants, les zadistes et les capitalistes. Et si, finalement, cette séquence concomitante d’une marche pour le climat et d’une démarche des « Gilets jaunes » nous offrait une leçon qui doit d’être entendue : s’il ne sert à rien de brûler la Terre sur laquelle nous vivons, il ne sert à rien - non plus - de sauver nos territoires si nous ne sommes plus en mesure de les habiter.

Aujourd’hui, de plus en plus de personnes ont du mal à joindre les deux bouts. Pas uniquement parmi ceux qui sont dans la précarité extrême. Mais une partie de plus en plus grande de la classe moyenne se demande pourquoi aller travailler. Trop « riches » pour bénéficier d’aides sociales, trop « pauvres » pour pouvoir vivre décemment, cumuler frais de logement, de soins de santé, d’alimentation, de chauffage, de mobilité, etc. Des besoins primaires, eux aussi. Et cette même classe moyenne se trouve régulièrement stigmatisée. Comme le remarquait un citoyen : « non seulement je me lève pour ne pas gagner assez, mais en plus je me sens coupable d’être un mauvais citoyen ». La pauvreté mêlée à l’opprobre. La double peine, la coupe est pleine ! 

Nous réclamons une troisième voie, qui réconcilie l’Homme avec son environnement

Ce monde doit changer radicalement et rapidement. S’il y a une seule urgence à pointer, c’est celle de défendre l’humain ET son environnement, et de ne pas sauver l’un au détriment de l’autre. Au-delà des constats faciles, les recettes éculées de certains, déconnectées des autres, ne fonctionneront pas. Nous réclamons une troisième voie, qui réconcilie l’Homme avec son environnement, qu’il soit « naturel », « social » ou « économique ». Une société plus humaine, plus juste, une société où l’on se sent bien et non pas écrasé, épanoui et non pas épuisé, fier et non pas pointé du doigt.

Cette transformation déterminée et pragmatique, nous la traduisons dans des faits en Wallonie et à Bruxelles. En Wallonie, désormais, toutes les grandes réformes politiques passent par ces trois filtres au sein du Conseil Economique et Social, auquel est venue s’adjoindre l’aspect « Environnemental ». Elles doivent être validées (ou amendées) par les organisations sociales, mais aussi environnementales. Une manière de bousculer les schémas établis, les stéréotypes, les rapports de force. 

A Bruxelles, par l’approche paritaire, la dynamique associative, les conseils consultatifs, les appels à projets participatifs des quartiers durables citoyens ou sur les enjeux du quotidien tels que « nature en ville », « good food » ou encore « zéro déchet », la transformation se fait avec les citoyens, en connexion totale avec la réalité locale. 

Concrètement, notre action permet aux familles de vivre décemment et qualitativement. En mettant en place la stratégie good food et manger demain, en développant la filière agricole bio et des emplois non délocalisables. En interdisant les sacs plastiques. En développant le covoiturage et l’amélioration de l’offre de transport public. En instaurant des zones de basses émissions dans les grandes villes et dans la Région Bruxelles capitale. En réduisant méthodiquement la pollution de l’air. En améliorant effectivement la qualité de l’alimentation dans les crèches, les maisons de repos, les écoles. En soutenant les nouvelles filières d’énergies renouvelables. En luttant systématiquement contre les nuisances sonores et en instaurant un plan bruit régional décliné dans toutes les communes de la capitale

L’outil fiscal peut être utilisé lorsque les consommateurs sont devant un vrai choix. Comment défendre une augmentation des taxes sur les carburants quand depuis des décennies, l’étalement urbain, les prix du logement, le manque d’investissement dans le réseau ferroviaire, l’absence de RER et la multiplication de zonings en dehors des nœuds de mobilité ont poussé à l’utilisation massive de la voiture individuelle ? 

Pour que les citoyens puissent poser des choix conscients, il faut également leur en donner le temps. Sortir du diesel, c’est décidé, mais nous offrons une feuille de route pour permettre à chacun d’y arriver selon ses moyens financiers, et en fonction des alternatives publiques qui auront dû être développées entretemps. Et si nous nous laissons une dizaine d’années au maximum pour y arriver, ce n’est pas par manque d’ambition mais parce que nous ne voulons laisser personne au bord de la route. 

De nouvelles formes d’organisation doivent également être inventées. Nous souhaitons par exemple réorganiser le rapport au travail pour éviter les déplacements (co-workings ruraux, télétravail, 38h prestées en 4 jours…) et de nombreuses initiatives ont lieu en ce sens pour ouvrir les alternatives. 

Sauver l’humanité en laissant la moitié des gens sur le côté serait une grave erreur. C’est pourquoi nous privilégions, au mantra de l’urgence absolue, la nécessité d’agir non seulement vite mais surtout bien. Agir quotidiennement en prenant en compte la réalité d’une vie quotidienne qui doit certes changer, mais sans que cette nécessité ne porte en elle les germes d’une révolte sociale, d’un nouveau clivage entre « mieux » et « moins bien » lotis, que ce soit par leur réalité territoriale ou socio-économique. 

Carlo Di Antonio
Ministre wallon de l’Environnement et de la Transition écologique

Céline Fremault
Ministre bruxelloise de l’Environnement

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