Pour sortir les Belges de la crise institutionnelle, nous nous étions engagés, lors du dernier scrutin, à tout faire pour établir un nouveau Pacte de Respect et de Solidarité entre les Belges, un pacte susceptible de redessiner la Belgique fédérale de demain en procédant à une réforme institutionnelle importante.
Aussi, nous avons pris nos responsabilités et nous nous sommes investis sans compter dans les dernières négociations institutionnelles car nous savions qu’un accord institutionnel important avec des avancées mutuelles était la seule voie raisonnable susceptible de débloquer une crise institutionnelle devenue inextricable et de donner un avenir à notre Pays.
Aujourd’hui, le préformateur, Elio Di Rupo, a proposé à tous les partis impliqués dans les discussions un projet inédit et historique, concret et chiffré, de vaste réforme de l’Etat permettant à la fois :
- des transferts importants de compétences vers les Régions tout en maintenant un Etat fédéral garant de la solidarité interpersonnelle ;
- une révision de la loi de financement avec une procédure écrite et un calendrier précis et des balises acceptées de part et d’autre ;
- une solution négociée pour BHV et plusieurs avancées permettant une pacification communautaire tant dans la périphérie qu’à Bruxelles ;
- une solution, comme demandé récemment, permettant à la fois le refinancement de Bruxelles selon des modalités d’affectation précises dans un premier temps et un lien réel avec la discussion relative à la loi de financement
dans un second temps.
Hélas, nous n’avons pu que constater encore aujourd’hui le refus principalement d’une formation politique néerlandophone d’accepter l’ensemble de toute la réforme proposée, pourtant soutenue par le sp.a et Groen !, comme base raisonnable d’entrée dans une négociation institutionnelle officielle dans le cadre de la formation d’un gouvernement dont notre Pays a largement besoin.
Cette attitude est d’autant moins compréhensible qu’elle s’est reproduite malgré les dernières avancées proposées par le préformateur pour rencontrer les différentes attentes exprimées.
Nous ne pouvons que regretter cette attitude de refus d’une proposition majeure de réforme que les francophones étaient pourtant prêts à soutenir et qui comportait de nombreux points attendus et souhaités et ce, après deux mois de travail intense, d’efforts de compréhension, de propositions de compromis multiples, de mobilisation de personnes et de collaborateurs, de rapports sereins et conviviaux entre partenaires.
Il appartient au Roi maintenant d’envisager la suite des évènements et à ceux qui refusent d’avancer, de mesurer les conséquences gravissimes de leur décision sur la bonne marche de notre Etat et surtout le bien-être de nos citoyens qui ont besoin d’une gouvernance stable, pacifiée et porteuse d’avenir.
Nous voulons remercier très chaleureusement le préformateur pour l’ensemble de ses propositions et son sens de l’intérêt général et lui rendre un hommage sincère pour la grande qualité de son travail, sa patience, le nombre d’efforts accomplis, la grande correction et convivialité dont il a fait preuve et les dernières tentatives encore menées aujourd’hui et ces derniers jours pour tenter d’arriver à un accord historique pour notre Pays.
Nous comprenons et partageons sa déception.
Nous restons à la disposition de notre Pays et de ses citoyens dans le respect de chacun et sommes prêts à travailler avec tous ceux qui veulent vraiment trouver des solutions équilibrées et sortir notre Pays de la crise.
Une occasion manquée de plus!
Mais que veulent donc nos amis flamands? Que nous, Francophones, leur cédions tout sur tout? La démocratie dans les communes de la périphérie bruxelloise et, cerise sur le gâteau, Bruxelles? Il est plus que temps qu'ils comprennent que, jamais, il ne pourra en être question. Aussi qu'une négociation ne s'entame pas avec des "Nous exigeons".
La meilleure défense étant l'attaque, il était judicieux de retourner contre l'adversaire ses propres armes afin de luiu faire comprendre que, dans le cas d'une scission du pays, les Francophones étaient également capables de se prendre en charge et qu'une union forcée n'était plus pour eux un tabou.
Le Roi a fort opportunément désigné les Présidents de nos assemblées législatives pour prendre le relais d'Elio Di Rupo, avec, cette fois, la casquette de médiateurs. Autrement dit : la périlleuse mission de concilier les points de vue à l'intérieur d'un cadre convenant aux deux parties, sachant que l'une comme l'autre sera forcée de faire des concessions.
A bon entendeur...
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