Sommet européen : le cdH veut que l’emploi soit prioritaire dans la stratégie 2020

A la veille du Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement européens qui se réunissent ce jeudi à Bruxelles, le cdH défend un projet européen ambitieux, au coeur de la Stratégie UE 2020, pour une société durable et inclusive.  Il demande que les Chefs d’Etat adoptent des objectifs clairs et forts ainsi qu’une stratégie collective et une nouvelle méthode de gouvernance plus cohérente.

1. Demande d’une stratégie transversale pour l’emploi et la croissance durable et non uniquement pour la croissance

Le cdH souligne le caractère intéressant des propositions de la Commission qui propose, d’une part, un taux d’emploi beaucoup plus ambitieux que précédemment et, d’autre part, un nouvel objectif de réduction de la pauvreté.

Le cdH exprime cependant son inquiétude face au fait que l’emploi, loin d’être considéré comme un objectif transversal de cette Stratégie, n’est plus qu’une des 7 initiatives phares de celle-ci, alors que le nouveau Traité de Lisbonne prévoit dans le cadre de son article 9 une clause transversale pour l’emploi, qui doit être au cœur de toutes les politiques de l’Union.

En ce qui concerne l’objectif du taux d’emploi passant à 75 %, le cdH considère qu’il s’agit certes d’un objectif ambitieux, mais qui n’est réaliste qu’à la condition que l’emploi soit une stratégie transversale, et que si l’on dispose des moyens de ses ambitions. Le cdH demande que les objectifs chiffrés en matière d’emploi comportent également un objectif chiffré en matière de formation tout au long de la vie, pour assurer une croissance réellement intelligente et des emplois de qualité.

Le cdH souhaite que les défis climatique et démographique soient pris en compte et que la stratégie UE 2020 soit clairement ouverte vers les défis immédiats que sont les changements climatiques et l’allongement du temps de la vie qui n’est pas abordé dans les initiatives phares. Dans ce cadre, le cdH demande que l’on prenne plus en compte le développement de la création des emplois « blancs » dans le secteur des services. Parallèlement, pour faire face au défi climatique et à la nécessité de verdir l’économie, le cdH demande qu’un objectif chiffré soit retenu en ce qui concerne le développement des emplois verts.

Le cdH plaide pour des sous-objectifs chiffrés relatifs au taux d’emploi des femmes (notamment pour un objectif transversal en matière d’égalité hommes-femmes en vue de réduire de 50 % les inégalités) et à l’intégration dans les marchés de l’emploi des jeunes, des personnes d’origine étrangère, des personnes âgées, handicapées et très peu qualifiées.

2. Demande de ne pas limiter la politique sociale à la seule lutte contre la pauvreté

Concernant l’objectif de taux de réduction de la pauvreté, le cdH rappelle que le rôle de nos systèmes sociaux pour les dix prochaines années doit avoir pour objectif la réduction de 25% de personnes vivant sous le seuil relatif de pauvreté. Mais le rôle des systèmes sociaux ne peut se résumer à ce seul objectif, dans la mesure où la protection sociale est beaucoup plus vaste et contribue à la croissance économique elle-même.

Le cdH demande l’existence d’objectifs chiffrés en matière de sécurité sociale.  Il rappelle que la Belgique s’oppose à tout affaiblissement des méthodes ouvertes de coordination (en matière de santé, de pension et d’inclusion) au profit d’une « plate-forme » qui ne serait qu’une source d’évaluation et de propositions plus larges.

3. Adopter une vraie régulation financière

A moyen et long terme, l’objectif est d'éviter le renouvellement de la crise. D'une part, une intégration plus importante se révèle nécessaire pour garantir une réelle coopération au sein de l'Union : que ce soit du point de vue de la supervision financière où un réel organe de régulation bancaire européen intégré permettrait une stabilité financière efficace.

De même ? les mesures pour mettre en œuvre les orientations du G20 notamment en matière de contrôle des fonds spéculatifs, des rémunérations des dirigeants ou d’exigences en matière de fonds propres doivent être adoptées dans les meilleurs délais.

Par ailleurs, sur certains aspects, nous souhaitons que lorsque les décisions se prennent au niveau international, l’Europe se fasse entendre d’une seule voix, notamment concernant la régulation des hedges funds, la réforme des normes comptables ou le débat actuel sur la scission des banques de dépôts et banques d’affaires ou encore la taille des banques.

Enfin, des mesures concrètes devront être engagées en matière de fiscalité. L'Union et le G20 ont progressé dans la lutte contre les pratiques inacceptables des paradis fiscaux. Il importe néanmoins de mettre fin aux pratiques de concurrence fiscale aberrante entre les pays de l'Union au moment où les finances publiques de tous les Etats membres doivent être redressées. De plus, l'harmonisation dans ce secteur doit progresser, par l'établissement d'une base harmonisée pour l'impôt des sociétés.

4. Des ressources propres pour l’UE

Le cdH exige également que la Commission établisse au plus vite un rapport sur la meilleure façon de mettre en place des mécanismes de financement innovant pour l’Union européenne, y compris par la mise en place d’une taxation des transactions financières.

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