Elections 2009

Sommet ministériel européen « Femmes et pouvoir »

La ministre de l’Egalité des chances plaide pour une prise en compte intégrale de l’égalité entre hommes et femmes au sein de la stratégie UE 2020 avec de nouveaux objectifs chiffrés ambitieux et contraignants.

La Vice-Première ministre, ministre de l’Emploi et de l’Egalité des chances, Joëlle Milquet, chargée d’introduire la première session du Sommet ministériel européen de Cádiz « Femmes et pouvoir », ce 3 février, a estimé qu’à l’heure où se définissent des choix d’avenir - et donc des grands changements au niveau européen pour imposer un modèle de développement plus humain -, les femmes, et les femmes politiques en particulier, étaient les mieux placées pour porter une révolution en faveur d’un modèle de croissance plus humain et plus durable.

1. L’égalité hommes/femmes comme l’une des dimensions transversales prioritaires de la future stratégie 2020

La ministre a tout d’abord proposé d’imposer que le principe d’égalité totale entre hommes et femmes soit l’une des dimensions transversales prioritaires de la future Stratégie UE2020.

Au-delà du maintien des discriminations inacceptables qui persistent (disparités entre États membres des taux d’emploi hommes–femmes variant entre 36,9% et 73,2% ; écart salarial entre les hommes et les femmes oscillant entre 4,4% et 30,4% ; 10% de femmes au sein des conseils d’administration et seulement 3% des directeurs des plus grandes sociétés cotées en bourse ; 30% de femmes parlementaires, un quart de femmes ministres au niveau européen), Joëlle Milquet a démontré combien l’égalité entre les femmes et les hommes était aussi un facteur de croissance économique durable.

En effet, une amélioration du taux d’emploi des femmes pourrait, selon plusieurs études, entraîner une croissance importante du PIB des Etats membres (de 15 à 45%) et, en outre, assurer une plus grande soutenabilité de notre système de protection sociale et de retraite. Par ailleurs, la ministre a évoqué l’existence d’une réelle justification économique pour une meilleure représentation des femmes dans les organes décisionnels, dans la mesure où les femmes influencent positivement les performances économiques des entreprises. Une corrélation a en effet pu être établie entre la performance organisationnelle et financière des entreprises et la présence d’une masse critique d’au moins trois femmes dans leurs instances dirigeantes sur la base d’une moyenne de 10 personnes. L’accès d’un plus grand nombre de femmes aux postes décisionnels contribue en outre à combler le déficit de comportement de leadership actuel. La présence des femmes et la diversité du leadership tendent également à devenir un avantage comparatif sur les marchés, notamment au regard des critères de performance future.
  
2. La demande d’objectifs européens plus ambitieux

La ministre de l’Egalité des chances a défendu l’idée, pour l’avenir, d’objectifs européens clairs et ambitieux, ainsi que d’indicateurs précis pour permettre d’assurer le suivi de la mise en œuvre du principe d’égalité totale entre les femmes et les hommes. Elle a proposé qu’au-delà des objectifs en matière de réduction de la pauvreté et de la violence faite aux  femmes, on arrive :

- d’ici 2020, à un taux d’emploi des femmes de plus de 70% pour la classe d’âge 20-65 ans, ainsi qu’à des objectifs chiffrés en matière de formation ;

- d’ici 2015, à 30% de présence des femmes dans les conseils d’administration, à tout le moins des sociétés cotées en bourse, et parmi les hauts cadres des entreprises privées et publiques ;

- d’ici 2020, à réduire à un maximum de 0 à 5% l’écart salarial entre les hommes et les femmes.

3. Des méthodes nouvelles de gouvernance plus fortes pour concrétiser l’égalité des chances

Joëlle Milquet a également proposé que les différentes formations du Conseil soient tenues de rendre opérationnel le mainstreaming de la dimension ‘genre’ dans la future stratégie UE 2020 et que les processus constants d’évaluation soient mis en œuvre. 

Elle a aussi proposé qu’un Sommet ministériel des femmes européennes se réunisse au moins une fois par an, pour aborder les avancées concrètes des politiques d’égalité des chances et pour peser plus fortement sur les décisions européennes et  nationales.

Enfin, la ministre a suggéré la tenue d’un Conseil européen des chefs d’Etat consacré à la problématique de l’égalité des chances au sein de la future stratégie européenne 2020, et plaidé pour la sensibilisation des femmes du Parlement européen afin qu’elles puissent défendre l’adoption d’une résolution relative aux impératifs d’égalité des chances dans le cadre des débats relatifs à la future stratégie.

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