Objectif 1

Réinvestir dans la prévention et la promotion de la santé

Trop axée sur le curatif, notre politique de santé doit réinvestir dans la prévention et la promotion de la santé. La santé, ce n’est pas seulement les soins de santé. C’est aussi et avant tout un état général de bien-être qui dépend d’une multitude de facteurs (les « déterminants de la santé »), tels que le logement, la situation d’emploi, l’environnement naturel, le mode de vie (l’alimentation, la consommation de produits entraînant une dépendance, etc.)… Tous ces éléments influencent notre santé et sont pourtant sous-investis par l’autorité publique.

Jusqu’ici, notre système de santé a privilégié une approche curative (les soins donnés après l’apparition d’une maladie) et au contraire négligé l’approche préventive (incluant la promotion de la santé). En terme budgétaire, la prévention représente environ 0,5% du budget global des soins de santé ce qui est évidemment tout à fait insuffisant !

1. Nos propositions

Une approche préventive efficace implique de prendre en compte une série de déterminants : un système de soins de santé performant et accessible, un environnement socio-économique favorable (incluant des conditions de logement acceptables et un emploi stable), l’éducation, l’environnement naturel, etc.

Ces déterminants étant directement liés aux politiques menées dans d’autres matières que la santé proprement dite (le logement, la mobilité, l’emploi, etc.), il convient d’étudier l’incidence de chaque mesure prise dans ces autres secteurs sur le niveau global de santé de la population.

Après avoir mis en place les outils statistiques pertinents, une telle étude systématique d’incidence permettrait de développer des actions ciblées, à chaque âge de la vie, sur les déterminants identifiés :

- Dès avant la naissance, des actions doivent être menées en vue de sensibiliser la population aux risques que représente la consommation d’alcool et de tabac, tant pour la future maman que pour l’enfant à naître ; des actions doivent être menées afin de réduire au maximum une telle consommation. De telles actions doivent également se poursuivre à tous les âges de la vie, en particulier à l’enfance et à l’adolescence : l’enfance est en effet une période propice pour valoriser des attitudes et des comportements sains qui pourront être acquis pour toujours. Les actions de sensibilisation, mais aussi de réduction des risques doivent être étendues à toutes les assuétudes, dans un contexte où les produits tendent à se diversifier, sans parler de la cyberdépendance. La réglementation doit être claire afin de faciliter la limitation de l’offre des différents produits ;

- Causes de mortalité premières dans notre pays, les différentes formes de cancers, mais aussi les maladies cardiovasculaires, ainsi que les troubles graves de la santé mentale (le suicide en particulier), doivent être combattus par des efforts accrus en matière de prévention et de dépistage ; il importe avant tout d’éviter l’apparition de la maladie et, lorsqu’elle apparaît, de la dépister au plus tôt afin d’augmenter les chances de guérison. A ce sujet, des programmes coordonnés de dépistage, basés sur les preuves scientifiques, doivent être développés dans toutes les pathologies où leur efficacité est démontrée ;

- Chez les personnes âgées enfin, la prévention implique de lutter contre certains « facteurs de risques » inhérents à l’évolution de notre société de plus en plus individualiste : l’isolement, la disparition progressive des liens affectifs et professionnels, la dépendance physique et financière, la maladie, etc.

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