Objectif 3

Garantir aux personnes handicapées un revenu qui garantisse l’autonomie financière.

En Belgique, 12,9% de la population entre 16 et 64 ans souffrent d’un handicap, dont 5% d’un handicap sévère. 270.000 personnes bénéficient d’une allocation d’assistance aux personnes handicapées.

Pourtant, un grand nombre d’entre elles ne parviennent pas à joindre les deux bouts, voire vivent sous le seuil de pauvreté. Beaucoup souffrent d’une difficulté d’intégration, que ce soit à l’école, sur le marché du travail, ou dans les activités de loisir.

De nombreux efforts ont déjà été réalisés ces dernières années pour l’intégration des personnes handicapées : on peut ainsi penser notamment aux efforts réalisés pour le relèvement général du niveau des allocations (augmentation de 2% au premier juin 2009), pour un raccourcissement des délais de traitement de demande (qui peuvent atteindre 12 mois), etc.

De nombreux chantiers restent pourtant inachevés. Pour y arriver, il faut renforcer les efforts entrepris et coordonner les politiques qui sont menées aux différents niveaux de pouvoir (fédéral, régional et communautaire).

1. Nos propositions

Au niveau des revenus, les relèvements obtenus restent insuffisants : il faut garantir aux personnes handicapées un revenu de base qui leur permette d’une part de sortir de la pauvreté et d’autre part d’atteindre un degré réaliste d’autonomie.

Le cdH propose :

- en ce qui concerne l’allocation de remplacement de revenus : veiller à ce qu’aucune personne handicapée n’ait de revenus cumulés inférieurs au seuil de pauvreté, évalué à 872 euros;

- pour les personnes en invalidité, augmenter l’indemnité minimum des chefs de ménages en invalidité de 150euros par mois afin d’atteindre le niveau du seuil de pauvreté, instaurer un pécule de vacances de 250euros payable chaque année au mois de mai pour les personnes en invalidité, en s’inspirant du pécule de vacances octroyé aux pensionnés et majorer le supplément social aux allocations familliales des personnes en invalidité de 100 euros par enfant et par mois.

Le service aux personnes doit continuer à être amélioré, et en tout premier lieu les délais de traitement des demandes d’allocation.

Avoir un travail est certainement le meilleur vecteur d’intégration dans la société. Malheureusement, les personnes handicapées qui ont la capacité et le souhait de travailler sont confrontées à de nombreuses difficultés. C’est pourquoi leur taux d’emploi reste extrêmement faible et doit être soutenu. Nous devons en particulier mettre en place des outils qui permettent globalement de diminuer la pression du rendement économique sur les travailleurs handicapés, notamment en élargissant l’accès aux revenus de remplacement.

Le cdH propose :

- d’appliquer une politique volontariste d’insertion professionnelle afin d’atteindre le quota fixé à 2% d’employés handicapés et l’augmenter ensuite à 3% ; A cette fin mettre en place dans toutes les administrations publiques un plan d’envergure visant à promouvoir le recrutement de personnes handicapées et prévoir pour tous les employeurs la réduction des cotisations sociales ;

Les conditions de logement sont souvent lourdes de conséquences pour nombre de personnes handicapées, contraintes de choisir entre telle ou telle formule d’hébergement parce que notre société ne leur permet pas de choisir réellement entre les possibilité d’accueil et le maintien à domicile dans des logements adaptés. Il s’agit pourtant d’un élément essentiel au maintien de leur autonomie.

Le cdH propose :

- de préférer, en matière de logements sociaux, la réalisation de logements modulables strictement réservés aux personnes handicapées ;

- De renforcer les moyens des services d’aide et de soins à domicile ;

La situation est particulièrement alarmante pour les personnes atteintes d’un handicap sévère, nécessitant des soins médicaux ou d’un polyhandicap. Beaucoup de ces adultes restent sans soin et sans prise en charge adaptée faute de place en institution. Dès lors, c’est la famille qui est contrainte de se partager ces responsabilités. Il est urgent d’augmenter le nombre de places d’accueil en institution pour les adultes et les enfants en situation de grande dépendance.

Le cdH propose :

- d’augmenter en urgence le nombre de places en institution pour les adultes et enfants de grande dépendance et créer des centres pour polyhandicapés dans chaque Région;

- De mettre en place une politique globale et transversale du handicap de grande dépendance à tous les niveaux de pouvoir de l’Etat fédéral;

- De mettre en place des plans d’action spécifiques pour certains handicaps (tels que l’autisme, la cérébro-lésion, le polyhandicap) en collaboration avec les associations représentatives des personnes handicapées de grandes dépendances et de leurs familles;

- De mettre en place une politique inclusive des personnes plus grandement dépendantes visant à supprimer tout type de ségrégation;

- D’identifier les besoins spécifiques en aide et support de chaque personne par le biais d’un recensement selon l’âge, le type, la gravité et l’origine des handicaps ;

- D’ identifier les priorités et l’affectation des moyens budgétaires correspondants;

- De mettre en place des mesures garantissant un traitement égal et sans discrimination dont plus particulièrement l’accès de tous les citoyens à des budgets personnalisés et à l’assurance dépendance;

- De renforcer les interventions de l’INAMI auprès des personnes grandement dépendantes;

Nos coordonnées

Rue des Deux Eglises, 41
1000 Bruxelles
tél. 02/238 01 11
fax : 02/238 01 29
mail : info@lecdh.be